Cela fait 33 ans que la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque 3 mai. Cette année, elle est consacrée sous le thème: « Façonner un avenir de paix ». Comme l’écrivait George Orwell : » La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit. «
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dresse un état des lieux face aux menaces qui pèsent sur la sécurité et la vie des journalistes. Lors de la conférence de presse tenue la veille du 3 mail, son président a affirmé que les journalistes restent exposés à des pressions et à des menaces persistantes. Dans son rapport annuel, placé sous le thème « Le journalisme n’est pas un crime », le SNJT présente son rapport.
Le rapport 2025-2026 recense 154 atteintes contre des journalistes, 55 violences directes, 21 cas de harcèlement ou de menaces en ligne, 14 poursuites judiciaires et 5 condamnations à des peines privatives de liberté.
Au cours de cette période, l’exercice du journalisme a été confronté à des difficultés croissantes, touchant à la fois le cadre législatif et institutionnel. Les principales complications ont concerné la définition du statut de journaliste ainsi que des entraves illégitimes à l’exercice de la profession, révélant un environnement de travail instable sur les plans juridique et professionnel.
Le président du SNJT, Zied Dabbar, a dressé un état des lieux difficile de la situation des journalistes, marqué par la précarité professionnelle, la baisse du pouvoir d’achat et les tensions liées aux négociations sociales, notamment en l’absence de publication de l’accord-cadre. Il a également souligné la fragilité économique du secteur médiatique, avec le risque de fermetures d’entreprises et de recul du journalisme d’information sérieux.
Il a aussi évoqué un climat de pression sur la profession, « à travers des poursuites, des détentions, des empêchements de travail, des agressions, ainsi que des campagnes de dénigrement et de harcèlement en ligne, particulièrement contre les femmes journalistes. Selon lui, la baisse du nombre d’agressions ne traduit pas nécessairement une amélioration réelle, mais peut aussi découler d’obstacles croissants à l’exercice du métier. »
Enfin, Zied Dabbar a insisté sur le fait « qu’un journalisme libre et crédible ne peut exister durablement sans conditions de travail stables, sans protection effective des journalistes et sans un environnement marqué par moins de peur et de pression. »

Le droit d’expression est un droit pour tous, “Tout individu a le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit”, selon l’article 19 de la déclaration universelle des droits des l’Homme.

