Plus l’Iran et ses agresseurs américano-sionistes s’engagent dans l’escalade, plus les vrais enjeux de la guerre se précisent. Pour l’Iran, cette guerre doit aboutir à l’expulsion des forces américaines de la région et la cessation de leur contrôle sur le pétrole et le gaz du Golfe et sur leurs propriétaires, les six pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Pour les agresseurs, la guerre doit aboutir à la chute de la république islamique et son remplacement par un régime semblable à celui du Chah que Washington et Londres avaient imposé en 1953, après le renversement du gouvernement démocratique du Premier ministre Mohammed Mosaddeq.
L’acharnement hystérique américano-sioniste contre les infrastructures civiles et énergétiques iraniennes visent à rendre le gouvernement iranien incapable de répondre aux besoins essentiels de la population. Et la réaction iranienne de plus en plus dévastatrice contre les bases américaines dans les pays du CCG et contre Israël, visent à forcer les agresseurs à arrêter la guerre et à accepter les conditions de la République islamique d’Iran qui vient d’élire un nouveau guide, Mojtaba Khamenei qui succède à son père.
L’Iran n’est pas seul, comme ce fut le cas de l’Irak dans les guerres de 1991 et 2003. Les précieux renseignements fournis par la Chine et la Russie lui ont permis de détruire des cibles névralgiques, tels les cinq radars valant des milliards de dollars, les bases militaires, les ports utilisés par la 5e flotte et, évidemment, les infrastructures des villes israéliennes, dont Tel-Aviv.
Le colonel à la retraite Larry Wilkinson, affirme avoir vu une vidéo secrète de 15 minutes sur les dégâts en Israël où « Tel-Aviv est en train de subir le sort de Gaza ».
Toujours selon Wilkinson, les réserves en munitions et en missiles de défense aérienne des Etats-Unis et d’Israël sont au bord de l’épuisement. Ce qui laisserait la voie libre à l’Iran et pourrait lui garantir une victoire.
Pour beaucoup d’analystes et de commentateurs, une telle issue serait inacceptable pour Washington et surtout pour Israël qui ne reculerait pas alors devant le recours à l’arme nucléaire. Selon George Galloway et le lieutenant-colonel américain à la retraite Tony Aguilar, « il y a des signes inquiétants qui suggèrent que si les Etats-Unis et Israël n’arrivent pas à réaliser leurs objectifs par les armes conventionnelles, ils recourront à l’arme nucléaire tactique. »
L’argument est que les Etats-Unis ont lancé deux bombes nucléaires sur le Japon en 1945. Pourquoi empêcheraient-ils aujourd’hui Israël d’en lancer une sur l’Iran ? Et à supposer qu’ils s’opposeront à une telle folie, ils n’auront aucun moyen de tenir en laisse la horde de psychopathes au pouvoir à Tel-Aviv.
Déjà durant la guerre d’octobre 1973, la cheffe du gouvernement israélien Golda Meir avait exercé un chantage sur le président américain Richard Nixon qu’elle utiliserait la bombe nucléaire contre l’Egypte, s’il ne venait pas à la rescousse d’Israël, menacé de défaite par l’attaque-surprise de l’armée égyptienne de Yom Kippour. Nixon s’exécuta, intervint militairement et empêcha la défaite militaire de l’allié sioniste.
Dans un tel scénario cauchemardesque, la grande inconnue est la réaction des deux grandes puissances nucléaires, la Russie et la Chine, ainsi que celle du Pakistan voisin, détenteur lui aussi de l’arme nucléaire. La Russie franchira-t-elle le pas décisif de mettre l’Iran sous la protection de son parapluie nucléaire ? Et si oui, le ferait-t-elle avant ou après qu’Israël ne commettrait sa folie ?
Autant de questions inquiétantes auxquelles nul ne peut répondre avec certitude. En attendant, la guerre continue. Une guerre où, depuis le début, l’Iran fait preuve de plus de résilience et de rationalité que ses agresseurs.