Après quelque 580 jours de détention préventive, Sherifa Riahi et plusieurs autres activistes ont recouvré leur liberté. L’annonce a été faite dans la nuit du lundi au mardi 6 janvier 2026.
Outre Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’association “Tunisie Terre d’Asile“, d’autres personnalités ont bénéficié de cette libération, en l’occurrence Imen Ouardani et Iyad Bousselmi.
Même si elle écope d’une peine de deux ans de prison avec sursis, le comité de défense de Sherifa Riahi a toutefois salué cette décision, appelant à la libération de toutes les personnes injustement poursuivies.
A noter qu’un sit-in de soutien s’est tenu le lundi 5 janvier devant le Palais de justice de Bab Bnet à Tunis, avec pour slogan « La solidarité n’est pas un crime », comme le rapportent plusieurs médias. Cette mobilisation a accompagné la reprise de l’examen de l’affaire, suivie de près par les milieux associatifs, juridiques et les organisations de défense des droits humains.
Rappelons que l’affaire concerne des militants et employés de Tunisie Terre d’Asile, poursuivis pour leurs activités humanitaires en faveur des migrants et des demandeurs d’asile… Les poursuites reposaient principalement sur des accusations d’aide à des étrangers en situation irrégulière et de facilitation de séjour en Tunisie, en lien avec des actions humanitaires menées dans le cadre d’une convention avec la municipalité de Sousse.
Au cours de l’instruction, les accusations de blanchiment d’argent ont été abandonnées, et l’association Tunisie Terre d’Asile a été mise hors de cause en tant que personne morale. Les poursuites ont toutefois continué contre certains membres à titre individuel.
La défense a toujours affirmé que les actions menées étaient légales, connues des autorités et conformes aux engagements internationaux de la Tunisie. Elle a également souligné l’absence de toute infraction financière.
En tout cas, la libération de Sherifa Riahi et de ses coaccusés marque une étape importante dans ce dossier symbolique. Même si des appels persistent pour l’abandon total des poursuites et la reconnaissance du caractère légitime du travail humanitaire et associatif.