À partir d’avril 2026, l’Union européenne mettra fin au tamponnage des passeports des voyageurs extra-européens. En basculant vers un contrôle entièrement biométrique, Bruxelles tourne la page d’un rituel vieux de plusieurs siècles et engage une transformation majeure de l’expérience du voyage international.
Dès avril 2026, les pays de l’Union européenne cesseront d’apposer des tampons sur les passeports des ressortissants extra-européens, selon le site spécialisé GEO.fr. Cette évolution ne se limite pas à l’Europe : d’autres régions du monde adoptent également des dispositifs similaires. Ce qui relègue progressivement le tampon de passeport au rang de simple souvenir.
Cette pratique, profondément ancrée dans l’imaginaire du voyage, trouve ses origines dans une longue histoire. Contrairement à une idée répandue, elle ne relève pas d’une invention moderne. Patrick Bixby, professeur d’université et spécialiste de l’histoire du voyage, rappelle ainsi à la BBC que « les tampons sur les passeports remontent au Moyen Âge ou à la Renaissance. À l’époque, les souverains européens apposaient un sceau de cire sur les sauf-conduits qu’ils délivraient ».
Au XXᵉ siècle, la Société des Nations a instauré le passeport moderne et a harmonisé les procédures de franchissement des frontières. Lorsque le transport aérien s’est démocratisé dans les années 1950, grâce au développement des vols commerciaux accessibles au grand public, le tampon a progressivement acquis une valeur émotionnelle. Il matérialisait alors le passage d’une frontière et symbolisait l’expérience du voyage.
Les pratiques ont toutefois évolué. En octobre 2025, l’Union européenne a lancé le déploiement du système d’entrée/sortie (EES), un nouvel outil de contrôle des frontières. À partir d’avril 2026, ce dispositif collectera automatiquement les données biométriques — empreintes digitales et reconnaissance faciale — de toutes les personnes non européennes qui entreront et sortiront de l’espace Schengen. Cette technologie vise à fluidifier les contrôles et à renforcer la sécurité, ce qui rend désormais inutile le tamponnage manuel des passeports.
L’Union européenne ne suit pas cette voie seule. L’Australie, le Japon et le Canada ont déjà adopté des systèmes de contrôle biométrique à leurs frontières. De leur côté, les États-Unis ont annoncé qu’ils généraliseront ces technologies dans les prochaines années. Ce qui confirme une tendance mondiale vers la dématérialisation du passage des frontières.