Italie : de lourds dossiers économiques sur la table du prochain gouvernement

Les défis auxquels le nouvel exécutif en Italie devra faire face sont nombreux. Car il prendra les rênes du pays dans une situation économique difficile. Avec la réalisation des objectifs du Plan national de relance et de résilience (Pnrr), la privatisation d’Ita Airways et la mise au point de la loi de finances. Mais aussi la relance de l’ ex-Ilva de Tarente et la possible création d’un opérateur unique des réseaux de télécommunication. Et ce, sur la base du protocole signé en mai par Cdp, Kkr, Macquarie, Tim et Open Fiber.

Autant de défis et de dossiers économiques qui finiront sur la table du nouvel exécutif. Lequel se retrouvera à devoir reprendre les rênes du pays dans une situation économique difficile, selon les analystes. A commencer par le spectre d’une révision à la baisse des estimations du PIB italien 2023. Les prévisions économiques et financières indiquent une croissance de 2,3% pour l’année prochaine en Italie.

Dès son entrée en fonction, le prochain exécutif d’extrême droite devra donc voter une loi de finances. Elle doit être capable de redonner du souffle aux finances des familles et des entreprises touchées par la flambée des prix de l’énergie; mais avec moins de moyens disponibles qu’initialement prévu. Le texte- qui devrait entre autres inclure diverses dépenses obligatoires, comme des aides contre la hausse des prix- devra se retrouver devant les Chambres d’ici le 20 octobre déjà.

Exit le gouvernement Draghi et place à la nouvelle coalition

L’atteinte des objectifs fixés pour cette année par le Plan national de relance et de résilience n’en est pas moins compliquée. Et ce, en raison également du probable ralentissement dû au timing de formation et d’installation du nouvel exécutif, selon La Républica.

Cette semaine, le feu vert de la Commission européenne devrait arriver pour la deuxième tranche des fonds de 21 milliards d’euros. Grâce à la réalisation des 45 objectifs fixés pour le premier semestre, déjà atteints par le gouvernement Draghi.

Pour autant, le nouvel exécutif ne devra pas perdre de temps. Il devra donc procéder par étapes forcées dans la mise en œuvre des programmes d’ici le 31 décembre, afin d’obtenir les crédits restants pour 2022. A cet égard, l’approbation de la délégation fiscale reste en attente, l’une des principales réformes liées au PNRR.

De nombreux dossiers attendent le nouvel exécutif

Par ailleurs, le nouvel exécutif devra aussi régler le problème des retraites. Et ce, pour éviter que la réforme Fornero ne soit déclenchée en janvier. De même que celle de la Concurrence qui comprend l’épineux chapitre des concessions balnéaires.

En outre, l’un des premiers nœuds pour le futur exécutif ce sera sans doute celui de la privatisation d’Ita Airways. Le gouvernement Draghi a entamé des négociations avec le fonds américain Certares en partenariat avec Delta et Air France-KLM. Le préférant au dernier moment au consortium formé par MSC et Lufthansa. Cependant, Fratelli d’Italia s’est déjà montrée perplexe face au choix de céder le contrôle de la compagnie aérienne nationale. En expliquant qu’un tel dossier stratégique devrait être du ressort du prochain gouvernement.

De plus, la relance de l’ancienne Ilva di Taranto se poursuit lentement. Les difficultés s’exacerbant encore à cause de la flambée des prix de l’énergie. Avec des répercussions négatives importantes également pour les industries concernées.

Une impasse qu’on doit également au report de l’entrée d’Invitalia, qui devait se faire en mai dernier. Et ce, sur la base de la lettre d’intention signée en 2020 avec ArcelorMittal. Elle était censée amener l’État à un contrôle de 60%.

Enfin, le dossier du réseau unique reste ouvert. La signature du protocole d’accord non contraignant entre Cdp, Kkr, Macquarie, Tim et Open Fiber semblait accélérer la création d’un opérateur de réseau de télécommunications unique, non intégré verticalement, contrôlé par Cdp Equity.

À ce jour, cependant, il semble qu’il n’y ait eu aucun progrès dans l’intégration du réseau. L’actionnaire majoritaire de Tim- le français Vivendi- valorise NetCo avec des actifs d’infrastructure de réseau fixe à environ 31 milliards. Un chiffre qui a sans doute ralenti la présentation d’une offre, qui à ce stade ne devrait arriver qu’après la formation du nouveau gouvernement, selon les économistes.

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