Etude de l’IACE : Impact du conflit russo-ukrainien sur le secteur laitier en Tunisie

 

L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise (IACE) vient de rendre public un rapport qu’il a élaboré à propos de l’impact de la guerre russo-ukrainienne sur le secteur laitier en Tunisie.

Dans on introduction, le rapport indique que cette guerre a entraîné une forte perturbation des chaînes d’importation et une hausse des coûts de l’énergie et des céréales, ce qui a généré des retombées négatives sur plusieurs secteurs dont en premier lieu celui agricole surtout que la Russie et l’Ukraine sont considérés parmi les principaux producteurs et exportateurs des matières de base, dont notamment le blé, l’orge, le maïs, le tournesol et autres plantes servant dans la fabrication d’huiles végétales.

Dans le même ordre d’idées, on doit signaler la situation grave menaçant d’effondrement des différentes chaînes du système de la production laitière, à savoir la production, la collecte et la fabrication, et ce à cause la hausse des coûts de production engendrée par l’augmentation des prix des fourrages composés, associée à la dépréciation du dinar face aux devises étrangères.

Ainsi, le remplacement des fourrages composés et de l’orge par les grains de maïs a engendré des hausses successives (8 fois) du prix de lait dans le sens où le prix des fourrages composés et le déterminant principal dans le coût de production laitière.

Et c’est dans ce cadre que l’IACE, en collaboration avec l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), a soumis un questionnaire auprès de nombre d’éleveurs dans nombre de régions de la Tunisie pour aboutir à des résultats concrets aux à l’impact dudit conflit russo-ukrainien sur le secteur laitier.

 

Résultats du questionnaire

Il ressort, de prime abord, que le premier impact direct de la cherté des prix des fourrages a été la contrainte pour 56% des agriculteurs interrogés de vendre une partie du cheptel dans l’esprit de couvrir les besoins du reste du troupeau.

D’autre part, deux tiers des agriculteurs interrogés ont révélé qu’ils ont entamé l’opération de stockage des fourrages.

Concernant la tarification du lait au niveau de la production, il ressort qu’elle n’a pas été au diapason du coût. Et même l’aménagement enregistré au début du mois d’avril 2021 engendrant un prix de 1140 millimes/litre ne permet pas de couvrir les coûts à la production estimés à 1600 millimes/litre, soit une différence de 460 millimes/litre.

Et s’il n’y a pas un gel des dernières hausses des prix des fourrages composés, le coût à la production atteindra, selon l’UTAP, 1855 millimes/litre, soit une différence de 715 millimes, ce qui fait augmenter la marge de pertes pour les éleveurs.

Outre la faiblesse du rendement économique du secteur laitier, on signale un recul des investissements dans ce secteur, plus particulièrement dans les régions propices à l’élevage sachant que 94% du nombre global possèdent, seulement, 10 unités femelles.

A noter, par ailleurs, que malgré la crise ; 32% des agriculteurs concernés par le questionnaire ont exprimé leurs volonté d’améliorer leur capacité de production alors que 11% souhaitent réduire cette capacité et autant qui sont disposés à conserver le même niveau.

Quant aux prévisions, 90% des agriculteurs s’attendent à une baisse des quantités de lait dans les marchés au cours de la prochaine période, dont 20% pensent que la baisse aura lieu dès le mois de juillet, 60% s’attendent à cette réduction vers le mois de septembre prochaine et les 20% restants, ils désignent la fin de l’année.

Volet propositions, il y en a eu chez les agriculteurs interrogés. Il s’agit, notamment de :

-accélération de l’application de la dynamique des prix le faisant passer de 1140 millimes/litres à 1460 millimes

-subvention des fourrages composés

-augmentation de la subvention du transport des fourrages des régions de production vers les gouvernorats du Centre et du Sud

-activation de la charte du partenariat entre la profession et le gouvernement

-réduction du nombre des intermédiaires dans les circuits de distribution

-élaboration de contrats de production entre l’Office des Terres Domaniales et les unités de production agricoles et les sociétés mutualistes

-création d’une ligne de crédit pour l’achat des fourrages…

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