IACE / Les nouvelles tendances de l’après-conflit(2) – Nouvel ordre mondial : une nouvelle mondialisation

Le nouvel ordre mondial caractérisé par le renforcement de l’intégration régionale pourrait conduire à la révision des accords commerciaux et des alliances.

Les répercussions sur la mondialisation et l’émergence de nouvelles tendances réduisent davantage l’intégration économique mondiale en faveur du renforcement de l’intégration régionale et de blocs politiquement convergents. Le repli de la mondialisation et l’émergence d’une nouvelle gouvernance mondiale seraient tributaire non seulement du positionnement politique des pays par rapport à la guerre, mais aussi de la capacité des différents régimes à en absorber les conséquences.
La première caractéristique de ce nouvel ordre mondial et de la nouvelle mondialisation est la cohabitation de deux mondes (Mondes de la Russie et de l’occident) sur les relations économiques mondiales. Deux mondes quasi distincts avec chacun disposant de ses propres mécanismes de fonctionnement des transactions commerciales, financières et informationnelles (monnaie de référence, troc, liberté de commerce, liberté d’investir, complémentarité logistique, duplication de l’internet).

“La première caractéristique de ce nouvel ordre mondial est la cohabitation de deux mondes (Mondes de la Russie et de l’occident) sur les relations économiques mondiales”

Le rôle que jouerait d’autres pays émergents comme l’Inde mais aussi la nouvelle politique européenne seraient déterminants au niveau des perspectives mondiales.  La Chine, avec sa position sur les marchés des matières premières, sa capacité de production industrielle, la connectivité dont elle dispose avec la route de la soie, jouera du reste un rôle crucial dans cette cohabitation ou pour le moins en assurer l’intermédiation.
La deuxième caractéristique est la montée des courants populistes et nationalistes dans plusieurs pays. Ceci entraînerait une limitation des capacités de ces pays à entamer les réformes à temps avec la teneur requise pour assurer une sortie de crise et une meilleure résilience.
La troisième caractéristique consiste en la revue du rôle et des attributions des institutions internationales chargées de réguler les échanges mondiaux en termes de communication (Internet télécommunications…), de transactions bancaires ou financières ou de commerce.
Cette crise pourrait aussi être une opportunité pour accélérer la dérégulation, l’utilisation massive de nouvelles alternatives telle que la blockchain avec ses différentes formes d’application possibles.

Le défi pour la Tunisie

L’économie tunisienne est fortement dépendante de son environnement extérieur soit pour l’approvisionnement ou pour les exportations en raison d’un écosystème faiblement intégré.
Face à ce nouvel ordre mondial, la Tunisie devrait repenser ses relations avec son premier partenaire commercial qui est l’Union européenne. Il convient de repenser aussi les relations avec le voisinage proche particulièrement avec l’Algérie et la Libye selon une approche plus pragmatique aussi bien sur le plan économique que politique.
Le défi pour la Tunisie est la réingénierie des accords commerciaux en vigueur notamment avec l’Europe, l’Algérie, la Chine, les Etats Unis, et la Turquie avec comme objectif le renforcement de l’intégration régionale.
La Banque Centrale Tunisienne pourrait envisager d’inclure le Rubel et le Yuan dans son panier de devises, permettant ainsi aux opérateurs tunisiens principalement du secteur touristique d’accepter les paiements dans ces deux monnaies.
Ces fonds permettront le paiement de nos achats de matières premières de ces deux pays et faciliter en plus l’attrait des touristes de ces deux pays dont les destinations à l’étranger sont plus en plus limitées.

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