Plan de relance Samir Saied : et si cette fois-ci était la bonne ?

Samir Saied

Le ministre de l’Economie et du Plan, Samir Saied, nous promet un plan ambitieux de relance économique pour la période 2023-2025. Formidable, mais, en attendant, il faut parer au plus urgent.

« Le ministère est en train de préparer un plan de relance économique pour la période 2023-2025. Un plan qui s’inscrit dans le cadre de la « Vision 2020-2035 ». C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Economie et du Plan, Samir Saied. Notant que ce plan, qui sera prochainement dévoilé est « le résultat d’un travail participatif avec tous les acteurs économiques ».

Revenir aux réformes structurelles

En marge de la célébration de la Journée nationale de l’arbre à Sidi El-Jedidi de la délégation d’Hammamet, Samir Saied a également insisté, dimanche 14 novembre 2021, sur « la nécessité de revenir aux réformes structurelles. Sinon, il ne serait plus possible de continuer à gérer les équilibres financiers à long terme ».

Le ministre de l’Economie et de la Planification a rappelé que la situation économique est difficile en Tunisie. Car, « il est nécessaire que la Tunisie réalise un taux de croissance de 5 à 6% pour pouvoir créer des postes d’emploi ».

Mais pour réaliser ce taux de croissance, rappelle-t-il, « il est impératif de consolider la culture du travail. Et de donner un plus grand rôle au secteur privé, compte tenu de son importance à créer la richesse. Tout en adoptant une nouvelle vision du soutien social des classes pauvres et moyennes qui ont été durement touchées, pandémie oblige, par la récession économique ».

Et de préciser sur les ondes de la Radio nationale que les réformes structurelles devraient inclure « la révision du système de compensation. Mais aussi la restructuration des entreprises et du secteur public, l’amélioration et la rationalisation des politiques budgétaires. Ce qui permettra de rétablir l’équilibre financier de l’État à long terme et d’améliorer la conjoncture économique à travers la dynamisation de la croissance ».

Optimisme de Samir Saied

« Il n’y a plus de place à l’erreur, étant donné que l’économie tunisienne ne le supporte pas. D’où la nécessité de mettre en place des réformes efficaces et de les activer sur le terrain tout ». Ainsi s’exprimait le ministre de l’Economie. Avant de conclure, optimiste, que la Tunisie « peut réaliser, à la faveur du déploiement de ses compétences, un miracle économique et surmonter les difficultés actuelles. »

Or, sans chercher à doucher les ardeurs du ministre, de l’espoir nous en avons grand besoin. En effet, rappelons l’amère réalité où se trouvent les ressources financières pour financer la « Vision 2020-2035 ». Alors que nous avons du mal à boucler le budget de l’année en cours et à préparer la Loi de finances 2022.

Un coût social exorbitant

De plus, et c’est là que le bât blesse, quel est le coût social, extrêmement douloureux des « réformes structurelles » prônées par le ministre de l’Economie et exigées par le FMI, le principal bailleur de la Tunisie, pour décaisser?

Enfin, le président de la République, Kaïs Saïed, avec sa fibre populaire et populiste est-il prêt à plier l’échine devant dictat du FMI? Dans ces temps extrêmement durs pour la majorité des Tunisiens. Au risque de perdre sa base électorale? Rien n’est moins sur, connaissant l’homme.

FMI : les atouts de la Tunisie

Finissons, quand même, par une note positive. Le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour, a confirmé que des discussions techniques entre les services du FMI et les autorités tunisiennes sont en cours. Et ce, afin d’examiner la possibilité de lancer un nouveau programme de financement au profit de la Tunisie.

« La Tunisie bénéficie de plusieurs atouts dont elle doit tirer profit. Notamment les compétences humaines, la proximité avec l’Europe et la présence d’un secteur privé actif ». Ainsi, soutient-il.

« Il est recommandé de donner plus de chances et plus d’opportunités aux entrepreneurs. Mais aussi de mettre les bases d’un environnement compétitif pour le secteur privé. Et d’investir davantage dans les secteurs technologiques ». C’est ce que préconise Jihad Azour. Avant de rappeler que le FMI « a tenu toujours à être aux côtés de la Tunisie et à lui apporter tout l’appui nécessaire ». Attendons voir.

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