Nouvelle poussée de fièvre dans les relations exécrables entre Alger et Rabat

Algérie

Après l’annonce, jour pour jour, de la rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc, Alger a franchi un palier supérieur en décidant de fermer son espace aérien à son voisin de l’Ouest. Un coup dur pour des générations qui rêvaient de la construction du Grand Maghreb. Avec l’Algérie et le Maroc réconciliés.

La tension entre les deux grands pays du Maghreb est montée d’un cran. Et ce, avec l’annonce de l’Algérie, mercredi 22 septembre, de la fermeture « immédiate » de son espace aérien à tous les avions civils et militaires marocains. Ainsi qu’aux aéronefs qui portent un numéro d’immatriculation marocain.

Cette décision a été prise lors d’une réunion du Haut Conseil de sécurité. La présidait le chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune; y assistait également le ministre de la Défense. A l’examen, les développements aux frontières avec le royaume du Maroc. Motif ? « La poursuite des provocations et pratiques hostiles du côté marocain », sans qu’aucune précision ne fut donnée à ce sujet.

A savoir que les frontières aériennes de l’Algérie, fermées depuis le 17 mars en raison de la pandémie de COVID-19, n’ont rouvert que partiellement le 1er juin vers sept pays; à l’exception de la destination marocaine.

Pour rappel, la décision de fermer son espace aérien survient après l’annonce, le 24 août par Alger, de la rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc.

La ligne jaune allégrement franchie

Déjà, la présidence algérienne avait annoncé, le 18 août dernier, vouloir « revoir » ses relations avec le voisin marocain. Son ambassadeur à Rabat fut rappelé pour « consultations à effet immédiat ». En effet, le Maroc est accusé d’implication dans les incendies gigantesques qui ont ravagé le nord du pays. Notamment les montagnes kabyles, en faisant 90 morts dont 33 militaires.

Une accusation qui semble légère. Mais le fond du litige réside dans le fait qu’aux yeux des autorités algériennes, Rabat aura franchi la ligne jaune en ouvrant la boîte de Pandore de l’autonomie de la Kabylie. Un sujet tabou qui irrite les responsables algériens au plus haut point. Pour eux, toute velléité indépendantiste de cette région berbérophone est une grave atteinte à l’unité nationale.

En effet, lors d’une réunion du Mouvement des non-alignés, les 13 et 14 juillet à New York, l’ambassadeur du Maroc à l’ONU faisait passer une note. Dans laquelle il estimait que « le vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination ». Sacrilège!

Le dossier récurrent du Sahara occidental au cœur de la relation Algérie – Maroc

S’ajoute à cette « provocation »- du moins perçue comme telle par les Algériens- le dossier récurrent du dossier du Sahara occidental. Un vaste territoire désertique dont près de 80% est sous le contrôle du Maroc. Et qui ne cesse d’envenimer les relations entre les deux géants du Maghreb.

D’ailleurs, le Sahara occidental, ex-colonie espagnole, est considéré comme un territoire non autonome par l’ONU; et ce, en l’absence d’un règlement définitif. Il oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Cerise sur le gâteau. Fin 2020, Rabat normalisait ses relations diplomatiques avec Israël. Et ce, en contrepartie d’une reconnaissance par Washington de la « souveraineté » marocaine sur ce territoire. Une décision considérée comme un coup de poignard par les autorités algériennes. Lesquelles dénoncèrent des « manœuvres étrangères » visant à déstabiliser l’Algérie.

Geste d’apaisement

Enfin, dans ce contexte et dans un geste d’apaisement, le roi du Maroc Mohammed VI a adressé samedi dernier un message de condoléances et de compassion au président Tebboune. Et ce, à la suite du décès à l’âge de 84 ans de l’ex-chef d’État algérien Abdelaziz Bouteflika, ainsi qu’à la famille du défunt. Un geste qui n’a pas eu l’effet escompté. Pour le moment.

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