Hafedh Zouari : « J’étais le premier à appeler à la dissolution de l’ARP »

Le président du parti Al-Badil et le député gelé Hafedh Zouari a indiqué qu’il était actif à l’époque du président Ben Ali. Cependant il a fait allusion au fait qu’il n’a jamais reçu un avantage injustifié, ni avant ni après le 14 janvier.

Hafedh Zouari a affirmé qu’il était le premier à appeler à la dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple. « J’étais le premier qui a appelé à la dissolution de l’Assemblée en juillet 2020 et mars 2021, car elle ne sert pas les intérêts du peuple ». Ainsi lance-t-il. Il indique qu’il a soutenu l’idée d’élaborer un nouveau code électoral et de mettre en place la Cour constitutionnelle. Car « son absence menace le pays d’un vide constitutionnel et c’est ce que nous vivons actuellement. Puis j’ai soutenu l’idée d’organiser des élections législatives anticipées ».

Lors de son intervention, hier 21 septembre, sur les ondes radiophonique de Jawhra FM, Hafedh Zouari a affirmé qu’il n’a jamais appelé au coup d’Etat. Il affirme qu’il a confiance en Kaïs Saïed. Cependant, le président ne peut pas tout faire. Dans ce sillage, il appelle à former un gouvernement de guerre avec des généraux pendant six ou sept mois. L’objectif étant de rompre avec l’anarchie. Il tient à préciser qu’il veut dire par le terme « général », une personne compétente et expérimentée dans sa spécialité.

L’intervenant a mis en garde contre la diabolisation des hommes d’affaires. Surtout qu’ils créent de l’emploi et dynamisent ce qui reste de l’économie nationale.

Je vais déposer 16 plaintes

« Quand j’étais encore député, j’avais honte de déposer une plainte contre n’importe quel citoyen. Mais puisque je me suis libéré de la contrainte du parlement je vais déposer 16 plaintes ». « Aujourd’hui, j’ai déposé trois plaintes contre trois personnes pour diffamation à mon encontre. Certains m’ont accusé de financer le terrorisme. Je ne vais plus me taire. Que celui qui détient des preuves, les présente à la Justice. Que chacun assume sa responsabilité ! ».

Le député est revenu sur les actions citoyennes de son entreprise. « Notre entreprise a  contribué dans plusieurs domaines, santé, éducation, environnement, ministère de l’Intérieur, création de petits projets.

Nous avons offert 40 voitures au ministère de l’Intérieur et le ministre de l’Intérieur de l’époque Habib Essid m’a reçu  

« Que voulez-vous que l’homme d’affaires soit? Arnaqueur, et ne s’acquitte pas de son devoir fiscal? Ou aidant son pays et ses compatriotes? », s’interroge-t-il.  Il affirme que son activité politique a entravé son activité économique. Le ministère du Commerce l’a privé d’une autorisation d’exportation sous prétexte de l’existence d’une décision ministérielle interdisant l’exportation des voitures asiatiques. C’est la raison pour laquelle, il a eu recours au Tribunal administratif depuis 2019.

Évoquant la crise du secteur touristique, l’homme d’affaires a affirmé que les investisseurs dans ce secteur souffrent depuis des années. De ce fait, il est normal qu’ils rencontrent des difficultés de remboursement de crédits. Dans le même sillage, il appelle à leur trouver des solutions pour sauver les entreprises et préserver les postes d’emploi.

Le député affirme qu’il ne se cache jamais dernière l’immunité parlementaire. Il avoue avoir reçu en 2017 une convocation pour une affaire fiscale. «  Je me suis présenté au tribunal et j’ai attendu quatre heures.

Je ne me suis pas caché dernière l’immunité parlementaire

Il indique, également, qu’il a reçu au mois de mai 2020 une convocation qui date de 2012. Et ce, pour un PV douanier d’une valeur de 280 dinars. « Le ministère public m’a convoqué. Je me suis présenté », poursuit-il.

« Les décisions du président de la République ne m’ont pas surprises, car le pays est en crise profonde. Et il fallait faire quelque chose ». Ainsi répond-il à une question qui porte sur son avis sur les mesures exceptionnelles du 25 juillet 2021. Et de continuer : « Je ne peux pas être contre la volonté du peuple, mais aujourd’hui il y a un rejet de l’ancien parlement. Je ne qualifierais pas cela d’un coup d’Etat mais je dirais que la Constitution a été forcée ».

« Le pays ne peut pas continuer comme ça, interdiction de voyage arbitraire, retard de versement des salaires. Il faut faire attention à ces indicateurs », étaye-t-il.  Il a souligné l’importance de nommer un Chef de gouvernement pour rassurer les Tunisiens et les partenaires étrangers.

Répondant à une question qui porte sur l’éventualité de son retour au parlement, le député gelé affirme qu’il ne s’agit pas d’une question de vie et de mort. « Si j’ai un rôle au sein du parlement je le ferai, sinon je quitte », lance-t-il.

Pour lui, la situation floue du pays appelle à la vigilance. Interpellant, le président de la République, il l’appelle à penser au jour où il va quitter son poste.

Hafedh Zouari a affirmé qu’il a invité Rached Ghannouchi à quitter le parlement. Ce dernier n’a pas manqué de répondre: « Pourquoi voulez-vous que je sorte par la petite porte. Je veux sortir par la grande porte ».

Concernant le financement des partis politiques, Hafedh Zouari affirme qu’il a financé les partis auxquels il a adhéré; et ce conformément à la loi. « Je n’ai donné aucun dinar au mouvement Ennahdha, car je n’en fais pas partie », conclut-il.

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