L’ignoble chantage: « moi ou le chaos »

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Lors d’un entretien accordé au quotidien italien Corriere Della Sera, Rached Ghannouchi, en sourcilleux défenseur patenté des libertés, des droits de l’homme et de la démocratie, a averti qu’en cas d’instabilité en Tunisie, pas moins d’un demi-million d’immigrants clandestins fouleront le sol italien. Du chantage de bas étage.

« Environ 1500 jeunes ont traversé clandestinement ces derniers temps la mer pour se rendre en Italie. Qui a financé ces jeunes ? Qui exploite la misère de notre jeunesse pour pourrir nos relations avec l’Italie et l’Europe ? Ils veulent rééditer le scénario de 2011 afin d’entraver le processus correctionnel, mais nous déjouerons leur plan ». Ainsi, réagissait le président de la République,  Kais Saïed- lors de sa visite inopinée  dimanche 1er août 2021 à l’avenue emblématique de Bourguiba– aux récentes déclarations scandaleuses de Rached Ghannouchi aux médias italiens.

Hurler avec les loups

En effet, à peine sorti de l’hôpital après avoir attrapé la Covid-19, Ghannouchi, 80 ans, à la santé chancelante,  se démène comme un diable sur tous les fronts, notamment à l’extérieur, pour dénoncer les mesures exceptionnelles prises par le chef de l’Etat, surtout l’activation de l’article 80 de la Constitution et le gel  temporaire des activités du Parlement. Il clame sur tous les toits qu’il s’agit d’un « coup d’Etat » et promet de résister «  par tous les moyens pacifiques et légaux. Nous nous battrons pour le retour de la démocratie.  Kais Saied doit comprendre que le parlement doit revenir au centre des mécanismes décisionnels de l’État ».

Ces hordes qui vont déferler sur l’Italie

Ainsi, lors d’une interview de 40 minutes qu’il a accordée ce week-end au quotidien italien Corriere Della Sera, le leader historique du parti islamiste d’Ennahdha a brandi le risque du chaos qui engendrerait fatalement une déferlante de sauvageons sur les côtes italiennes pour pousser nos amis italiens à dénoncer le « coup d’Etat » perpétré par le Président. Un concept qui rappelle aux Italiens  le souvenir amer des années noires du fascisme de Mussolini.

« Nous sommes tous dans le même bateau. Nous, Tunisiens, l’Europe, en particulier vous, Italiens. Si la démocratie n’est pas rétablie en Tunisie dès que possible, nous sombrerons rapidement dans le chaos. Le terrorisme peut se développer, la déstabilisation poussera les gens à partir, de toute façon. Plus de 500 000 migrants tunisiens pourraient tenter d’atteindre les côtes italiennes très rapidement », avertissait Rached Ghannouchi.

Un demi-million de migrants ? Admirez la précision des chiffres, qui se jettent sur les plages de Lampedusa, il y a de quoi jeter le froid dans le dos des Italiens, et c’est exactement le but de cette déclaration choc sur l’opinion publique italienne.

La blague des « propos déformés »

D’ailleurs, ayant pris conscience des critiques acerbes, largement relayées dans les  médias locaux et internationaux, de ces menaces à peine voilée sur le péril de l’immigration clandestine si la « légitimité » n’était pas de retour, le cheikh de Montplaisir a fait machine arrière, en accusant via un communiqué,  les médias « d’avoir déformé son propos ». Classique.

Pourtant, le leader islamiste a bien évoqué le risque de voir déferler sur les côtes italiennes plus 500.000 migrants clandestins, prix à payer pour « les conséquences inévitables de l’instabilité en Tunisie. Et ce dans la vidéo publiée en complément de son entretien avec la Corriere Della Sera où il s’exprimait dans un anglais balbutiant avec un accent à couper avec le couteau.

L’exemple turc

Il semble évident que dans cet épineux dossier de l’immigration clandestine, Rached Ghannouchi s’inspire de l’exemple de son mentor, le  président turc Recep Tayyip Erdogan. Lequel, en mars 2020, lança  un ultimatum à Bruxelles, affirmant que son pays  garderait ses frontières ouvertes avec l’Europe pour laisser passer les immigrants clandestins.. Jusqu’à ce qu’il obtienne une réponse « concrète » de l’Union européenne sur une aide financière supplémentaire. Soit 640 millions d’euros, ce qui correspond à la deuxième tranche des 3 milliards d’euros de facilités convenue au titre de l’aide aux réfugiés syriens en Turquie.

Un montant qui fait saliver les dirigeants du temple bleu à Montplaisir.

 

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