Super League – Football : une longue histoire d’argent ?

Football
tifo pour les groupes ultra du Club Africain, déployé le 4 janvier 2017, lors d’un match gala face au PSG

Football et argent : un duo des plus soudés dans le domaine du sport. Ce duo a su s’imposer rapidement en Angleterre depuis le début du 20ème siècle. La tendance s’est rapidement propagée et a gagné la majorité du globe. La Federation International  Football Association, fondée le 21 mai 1904, regroupe alors la majorité des fédérations nationales de football. Elle en compte plus de 200.

Cette organisation a posé les règles de gestion et de préservation d’un football professionnel. La FIFA est également garante du développement du football partout dans le monde. Elle a aussi créé des confédérations continentales. Celles-ci gèrent le football au niveau continental tel que l’UEFA pour ce qui est du continent européen.

Passionnément !!

Représentant une dynamique financière forte et réussissant à garantir la continuité de ses activités, le football a survécu aux crises économiques mondiales de la fin des années 2000 et du début des années 2010.

Surement grâce à des spectateurs fuyant une triste réalité ou n’ayant pas trouvé meilleur cadre pour exprimer leur rage et leur colère. Ou encore, des fans se projetant dans le succès d’un jeune footballeur qui a réussi à éviter une vie de tristesse et de pauvreté. Bien évidemment, le sentiment d’appartenance à une entité, à un groupe doté d’une histoire et de différents cultes ne peut que renforcer la passion vouée à cette discipline.

Les médias de leurs côté ont participé activement à la naissance de cette « gloire » et du succès du football. Relayant rumeurs et infos, tenant des émissions spéciales et exclusives, offrant des rémunérations et le sponsoring, la presse, quelle que soit sa forme, à prouvé et pointé l’aspect lucratif du football.

La dynamique financière et le football

Alimentant cette dynamique, les clubs ont continué à dépenser des sommes colossales pour l’acquisition de stars mais aussi de pépites. Dorénavant, chaque période de transferts témoigne d’un nouveau record : défenseur le plus cher, attaquant le mieux payé, plus gros dédommagement etc. D’où vient cet argent ? Le football se constitue-t-il de marchandises ?

Principalement, l’argent du football trouve son origine dans trois sources :

  • Billetterie (vente de billets pour assister aux matchs dans les stades) :

Au sens du professionnalisme moderne, chaque club de football possède son propre terrain de football. Une arène qui, au-delà d’une surface verte et des cages de buts, un « Théâtre des Rêves » (tel qu’est connu le terrain de Manchester United), le lieu de l’expression de la passion pure et cristalline.

D’autres clubs moins fortunés se retrouvent dans l’obligation de louer des terrains appartenant à l’Etat. Néanmoins, les matchs conservent l’ensemble de la magie qui les accompagne.

Afin de pouvoir assister à ce spectacle, les supporters doivent acquérir des billets. La FIFA et les confédérations continentales plafonnent ou fixent les prix de billets pour leurs compétitions respectives. Pour ce qui est des matchs de championnats, les clubs fixent les prix des billets et des abonnements. Et c’est alors à ce moment-là que nous pouvons observer les premières manifestations d’un football « capitaliste » : Les tarifs résulteraient du principe de l’offre et de la demande dans son aspect le plus simple et individualiste. Plus les supporters demandent des places, plus les prix augmentent mais aussi plus les offres diffèrent. En effet, les stades comportent des loges avec un service de luxe pour les plus riches, des gradins aménagés pour une classe moyenne et enfin les fameux virages du peuple et des pauvres.

  • Droits télévisuels :

Au milieu des années 90 débute la transmission télévisée des matches de football. Elle ne portait que sur les grands matchs vu le coût des infrastructures et des transmissions directes en plus des besoins en ressources humaines (un plateau télévisé, un présentateur, un commentateur…). De plus, les clubs de football se sont montrés réticents quant à cette idée. Craignant la migration de l’ensemble des supporters vers le télévisuel et des gradins vides, les clubs n’ont pas exprimé leurs volontés d’accorder des droits télévisuels aux médias. Cette hypothèse s’est, par la suite, montrée totalement fausse. Les dirigeants ont compris que la télévision ne pouvait qu’accroître le succès que connaît le football. Ils ont donc négocié les droits de transmissions et ont même imposé une rémunération représentant de nos jours la première source de financement des clubs.

  • Sponsoring merchandising primes et produit :

Les clubs de football ont réussi à mettre en place une forme de marché exclusive au football. Il comporte plusieurs éléments. Les plus importants restent la vente et l’achat de joueurs. Les clubs réalisent parfois des bénéfices incroyables simplement en achetant un joueur qui explose lors d’une saison puis en le revendant à un grand club voyant son prix facilement tripler ou quadrupler. Mais la vente et l’achat de joueurs parfois reposent sur d’autres facteurs s’inspirant des règles de marketing : acheter un joueur d’une certaine origine permet d’une part de présenter une image plus humaine du club et plus inclusive en plus d’attirer des supporters ayant les mêmes origines. Ou encore, acheter un joueur connu en fin de carrière pour amplifier la valeur du club et accroître sa notoriété.

L’ensemble de ces éléments nous orientent vers un autre élément : les produits et le merchandising. Parfois les revenus de la vente de produits officiels relatifs à un joueur, tel que la vente du maillot d’un joueur, couvrent une partie des frais de son acquisition. ( A titre d’exemple, les ventes de maillot de Cristiano Ronaldo lors de son arrivée à la Juventus ont atteint au bout de 8 jours 54,6 millions d’euros soit la moitié du contrat)

Pour ce qui est des sponsors, on notera les revenus des publicités apparu au début dans les stades et les pelouses, puis sur les maillots. Les clubs négocient directement les partenariats et les sommes proposées varient selon la notoriété des clubs et un nombre d’autres facteurs tels que l’effectif, le palmarès et la participation aux compétitions.

Enfin, les primes accordées par les fédérations et les organisateurs de compétitions. Ces primes varient selon la popularité des compétitions et des clubs par exemple.

A ce titre, nous pouvons citer la Champions League : la plus prestigieuse des compétitions interclubs.

En 2020, on estime que le gagnant a touché la somme de 15 millions d’euros pour sa qualification pour la finale en plus d’une prime de victoire de 4 millions d’euros. Il totalise ainsi  des gains à hauteur de 19 millions d’euros.

D’autres primes sont distribuées tout au long de la compétition. En effet, chaque équipe reçoit 15,25 millions d’euros lors de sa participation à la phase de groupes. Les victoires lors de cette phase peuvent rapporter 2,7 millions d’euros supplémentaires. Pour ce qui est des 8èmes de finale, les gains atteignent 9,5 millions d’euros, les quarts de finale 10,5 millions d’euros supplémentaires et la demi-finale 12 millions d’euros.

Le schisme s’invite au football

La création de la Super League selon les fondateurs vient s’opposer à un modèle économique qu’ils considèrent dépassé. La crise du Coronavirus aurait pointé cette défaillance.  Des dirigeants de clubs fondateurs auraient également estimé que cette initiative pourrait sauver le football d’une « oligarchie » instaurée par la FIFA et ces instruments. Ces derniers chercheraient à dominer le football et à s’enrichir sans prendre compte des besoins des clubs et du football moderne.

Selon un communiqué, cette  « Super League », vise à « générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football. En effet, les clubs fondateurs recevront une enveloppe de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenseront l’impact de la crise du Covid-19. Des primes à la signature entre 100 et 350 millions d’euros sont également prévues.

Par ailleurs, les fervents défenseurs de cette « Super ligue » évoquent des revenus entre 4 et 6 milliards à partager entre les 20 participants.

C’est alors que la FIFA, par le biais de sa confédération européenne, l’UEFA, a riposté avec le même argument. A savoir : ces clubs cherchent uniquement les gains et les bénéfices ! L’UEFA affirme qu’elle compte stopper nette cette initiative. Il ne s’agirait que d’une scission vouée à l’échec. Fidèle à son rôle de monarque du football, l’UEFA a menacé les clubs de les bannir des compétitions. Elle a même évoqué la possibilité d’interdire à leurs joueurs de représenter leurs équipes nationales. Sûrement une tentative de semer le chaos à l’intérieur même de ses clubs. Pousser les joueurs à refuser de participer à cette compétition compliquerait la situation.

Les yeux restent rivés vers les dirigeants des clubs et de la FIFA, assisterons nous à des pourparlers ou alors à une contre-attaque ?

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