Nizar Yaiche : « la solution est politique avant d’être technique »

Nizar Yaiche

L’ancien ministre des Finances Nizar Yaiche était aujourd’hui l’invité de « Law and Business School » relevant du « Polytech Intl Group ». Et ce, afin d’animer une conférence sur le « Partenariat Public-Privé pour la relance de l’économie tunisienne ». L’ancien ministre des Finances a ainsi présenté sa vision pour une relance de l’économie tunisienne.

Nizar Yaiche a donné un aperçu général du contexte économique actuel marqué par une situation socio-économique très difficile accompagnée par une crise sanitaire.

« C’est une phase très délicate dans l’histoire de la Tunisie. Le pays fait face à une crise budgétaire. Aujourd’hui, il faut que le débat politique se focalise davantage sur les solutions. Car le contexte actuel nécessite plus qu’un programme de sauvetage. Il faut, à mon avis, un pacte national de sauvetage, de réforme et de relance. Il faut se réunir en focalisant le débat sur des mesures concrètes. Parce que la solution est politique avant d’être technique », affirme Nizar Yaiche. Tout en présentant une idée de ce que doit être un Pacte global de sauvetage de l’économie tunisienne.

Ouvrir de véritables chantiers

Nizar Yaiche a tenu à souligner la nécessité d’ouvrir de véritables chantiers dans le pays pour faire face à la situation d’urgence. Tout en menant la réflexion sur le repositionnement de la Tunisie dans les 20 ans à venir en se basant sur ses atouts.  « La Tunisie pourrait être une véritable porte de l’Europe vers l’Afrique. Celle-ci a un énorme potentiel dans plusieurs domaines comme l’éducation, la santé et les infrastructures », estime Nizar Yaiche.

Et d’ajouter qu’il faut investir dans les jeunes parce que la Tunisie pourrait être aussi le centre et la plateforme régionale du développement de l’Afrique. Et cela à travers la recherche scientifique, l’innovation, l’éducation et le savoir.

Evoquant le pacte national de sauvetage, Nizar Yaiche a tenu à préciser que l’idée présentée à la présidence de la République était d’offrir de la matière pour un meilleur débat national. En effet, ce pacte doit concerner: l’intégration de l’économie informelle dans le circuit formel; l’évasion fiscale; les mécanismes de liquidité des entreprises tunisiennes; la relance de l’investissement; la mise en place de nouveaux mécanismes d’encouragement; le PPP; le développement de l’export; les TRE; la relance sectorielle; les entreprises publiques; le contrôle des prix et des circuits de distribution; l’investissement dans les RH; les aspects monétaires; l’amélioration des recettes de l’Etat; l’endettement extérieur; la hausse de la masse salariale…

Au niveau maghrébin, NIzar Yaiche a fait savoir que ce pacte prévoit environ 20 propositions pour relancer les relations économiques avec la Libye et l’Algérie. D’autres propositions concernent la relance des marchés africains et européens.

« Pour dépasser la spirale négative, il faut libérer l’économie, atteindre une croissance annuelle du PIB de 4,5 à 5%. Il faut augmenter l’investissement public sur les cinq prochaines années et atteindre les 13 milliards de dinars ». C’est encore ce qu’explique l’ancien ministre des Finances.

PPP : résultat très décevant !

Evoquant le volet du partenariat public privé, Nizar Yaiche souligne que c’est un excellent outil pour relancer l’investissement et avoir des fruits dans les prochaines années. Dans ce contexte, il a rappelé le régime des concessions, la loi PPP, la loi transversale et les décrets pour l’octroi des concessions.

« Le résultat est très décevant ! Le problème est comment accélérer le processus, changer l’ancien modèle. Et mettre en place les mécanismes nécessaires », s’interroge Nizar Yaiche.

Pour ce faire, cela nécessite, selon Nizar Yaiche, un courage politique. Mais aussi un cadre juridique relatif aux secteurs concernés. De même qu’une approche équitable win-win; tout en donnant plus de pouvoir à l’UGPPP.

« Le PPP est indispensable pour relancer l’investissement et la croissance. Et ce, à travers un effort collectif dans un cadre de sérénité et un autre climat politique », conclut l’ancien ministre des Finances.

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