Rached Ghannouchi: « Ennahdha n’est pas responsable des dix ans passés »

Ghannouchi

Rached Ghannouchi, président du Parlement et chef du mouvement Ennahdha était l’invité de Diwan fm; en ce mardi 23 février. Il a dressé un état des lieux du paysage politique. 

Rached Ghannouchi est revenu sur la crise politique au sommet de l’Etat et le refus du président de la République Kaïs Saïed de recevoir la prestation de serment de ministres. Et ce, en raison de la suspicion de conflit d’intérêts qui pèserait sur certains d’entre eux. Il estime que ce n’est pas au Président de la République de se prononcer, mais à la justice de le faire. Car seul le tribunal est amené à se prononcer. Tout en ajoutant que « la lettre adressée à Kaïs Saïed, n’a pas eu de réponse à ce jour ».

Il précise dans ce contexte: « La corruption n’est pas une description littéraire. Et seul le pouvoir judiciaire peut déterminer qui est corrompu et qui ne l’est pas. D’ailleurs, si le parlement avait pensé que les ministres concernés étaient suspectés de corruption, le Parlement n’aurait pas accordé le vote de confiance. »

Pour revenir au blocage et mettre un terme à la crise, Rached Ghannouchi suggère que seul le consensus peut être une issue de secours; comme il l’a fait avec le défunt Béji Caïed Essebsi, en 2013. Avant d’ajouter: « Ainsi, ce consensus entre Béji Caïed Essebsi et moi nous a permis d’instaurer une stabilité politique entre 2014-2019… De plus, en 2013, nous avons renoncé au pouvoir pour l’intérêt du pays durant cette période. J’ajouterai même que tout au long des dix ans passés, Ennahdha n’est pas responsable de ce chaos. Tout comme nous n’avons pas gouverné. C’était Nidaa Tounes qui gouvernait. » 

Par ailleurs, revenant sur la question du Dialogue national, une initiative lancée par l’UGTT, l’initiative est bonne estime Ghannouchi. 

Avant d’ajouter: « La preuve en est que si la Tunisie a réussi le processus de transition démocratique, c’est grâce au dialogue et au consensus. Quant au choix de l’UGTT de suggérer Mohamed Ennaceur pour présider le Comité des Sages, c’est un choix judicieux. Mais j’ignore où cela en est avec le président de la République Kaïs Saïed, je ne suis pas son porte-parole. » 

Faire face au blocage! 

Il ajoute: « Ce régime politique a permis de ne plus retourner vers la dictature. Car les Tunisiens n’ont plus peur de la dictature et ne veulent plus de l’anarchie et du chaos. »

Et de conclure: « A mon avis, le régime politique devrait être changé. Car il fallait que les blocs parlementaires se mettent d’accord sur la composition du gouvernement. Seul le résultat compte. D’où l’urgence est de changer le seuil électoral, pour le faire passer de 3 à 5%; afin d’avoir un système électoral. Mais avant tout, il faut œuvrer à la mise en place de la Cour constitutionnelle. » 

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