Remaniement ministériel : les avis des députés divergent

remaniement ministériel

La position du président de la République concernant le remaniement ministériel et la prestation de serment de certains ministres continue de susciter le débat. Alors qu’ils ont obtenu la confiance du parlement, le 26 janvier 2021.

Recevant, hier, Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le président de la République Kais Saied a « réitéré sa position ferme sur le remaniement ministériel (qui doit être) fondé sur le respect de la Constitution ».

Le remaniement ministériel n’a pas respecté les dispositions de la Constitution. C’est ce qu’indiquait le président de la République, lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale, le 25 janvier.

Il a également déclaré que les personnes proposées dans le remaniement ministériel, suspectées d’être impliquées dans des affaires de corruption ou de conflit d’intérêts, ne pourront pas prêter serment.

Car, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi avait annoncé, samedi 16 janvier, un remaniement qui touchait onze portefeuilles ministériels. Face à ce blocage, les différents groupes parlementaires ne livrent pas les même solutions.

Que dit le bloc démocratique

Le député du bloc démocratique, Abderrazak Aouidet a jugé nécessaire, jeudi, une solution politique pour débloquer la situation.

Il a expliqué que malgré le dépassement du délai de nomination des nouveaux ministres et de la prestation de serment, à cause de son refus de certains noms proposés, Kais Saied peut valider sept d’entre eux, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour les quatre autres. Selon lui, ces derniers peuvent être remplacés ou se retirer de leur plein gré pour la résolution du litige.

Position de Tahya Tounes et le Bloc parlementaire la Réforme

Le chef du gouvernement doit changer les quatre ministres controversés pour éviter le blocage. C’est ce qu’estime pour sa part le président du groupe parlementaire Tahya Tounes, Mustapha Ben Ahmed

Sur le rôle de médiation que peut jouer le parlement entre les deux présidents, Ben Ahmed considère que cela était impossible à réaliser puisqu’il est à « l’origine du problème ». En accordant la confiance à des personnalités faisant l’objet de suspicions, le parlement suit une logique qui ne peut qu’entrainer la crise, a-t-il soutenu.

Le parlement s’est acquitté au mieux de son devoir, déclare de son côté Hassouna Nasfi, président du bloc La Réforme (Eslah).  Pour lui, le problème se trouve uniquement entre le président de la République et le chef du gouvernement. Un problème qui dépasse l’entendement, regrette-t-il.

Position du groupe parlementaire d’Ennahdha

Privilégier le dialogue et de s’en tenir à la Constitution. C’est ce que propose le président du groupe parlementaire d’Ennahdha, Imed Khemiri. Il estime qu’il est toujours possible durant les prochaines heures de surmonter le litige constitutionnel.

Le mouvement Ennahdha continue de soutenir le chef du gouvernement. Ainsi que le dialogue entre les deux parties (Saied et Mechichi), affirme le député. Il précise que le chef du gouvernement s’attèle à trouver une solution dans le cadre de la Constitution. Surtout en l’absence de la Cour constitutionnelle à qui revient le règlement de ce genre de litiges.

Rappelant la position d’Ennahdha, Imed Khemiri a estimé que la prestation de serment entre dans le cadre de la compétence liée du président de la République « qui ne peut refuser la nomination de nouveaux ministres et la prestation de serment devant lui, dès lors qu’ils ont obtenu la confiance du pouvoir initial du parlement ».

Avec TAP

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