Psychologues du Monde : 74% des jeunes Tunisiens se sentent marginalisés

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Le 21 janvier 2021, des organisations non- gouvernementales ont tenu une conférence de presse dans les locaux du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT).

La conférence a été organisée par le SNJT, la LTDH, le FTDES, l’ATFD, l’ASF, Al Bawsala, l’Association Tunisienne des Jeunes Avocats, l’Organisation contre la Torture en Tunisie, SOLIDAR, Jamaity et Psychologues du Monde. La conférence a traité des récentes manifestations, la réaction sécuritaire et la réponse du gouvernement à ces dernières.

La crise actuelle

Lors de cet événement, le président du FTDES, Abderrahman Hedhili, a cité les épisodes violents s’étant produits dernièrement. Il a, ensuite, rappelé les arrestations de supporters du Club Africain et l’arrivée clandestine de 12800 Tunisiens sur les rivages italiens.

Abderrahman Hedhili a affirmé ne pas être surpris par les protestations nocturnes actuelles. Il a déclaré : «Nous avons mis en garde contre la dangerosité de la situation!». Par la même occasion, il a souligné le fossé qui sépare les jeunes Tunisiens des politiques. Le président du forum a aussi accusé le gouvernement d’utilisation intentionnée d’approches policières répressives.

« Le but est de nous faire oublier les revendications des protestataires », a-t-il expliqué. Il a ajouté que le gouvernement a l’intention de les occuper avec la défense des individus interpellés.

Quant à la LTDH, son vice-président, Bassem Trifi a déclaré que les 4 jours de confinement général du 14 au 17 Janvier 2021 ne visaient pas à freiner la propagation de la pandémie. « Il s’agit d’une tentative d’étouffement d’éventuelles manifestations » a-t-il ajouté. Il a aussi affirmé que la LTDH fournira l’appui et le soutien légal aux 1000 jeunes arrêtés par les forces de l’ordre durant la même période.

D’autre part, la secrétaire générale de l’ATFD, Neila Zoghlami a assuré que l’ensemble des organisateurs de la conférence de presse soutiendront les protestations. Ce soutien se manifestera sous la forme de communiqués et de comités de soutien aux familles de jeunes arrêtés. Elle a aussi annoncé la création d’une commission d’enquête sur les actes de violences et les dépassements policiers entre le 14 et le 17 Janvier 2021.

Durant l’événement, le SNJT par le biais de son président, Mohamed Yassine Jelassi, a affirmé son soutien aux manifestants. Il a estimé que l’ensemble des composantes de la société civile doivent soutenir les manifestations. « Ce soutien ne se traduit pas forcément par des grèves et des protestations », a-t-il indiqué. Il a expliqué qu’il peut s’agir de communiqués et autres formes de support de communication.

Des chiffres alarmants chez les jeunes

Rim Ben Ismail, présidente de l’association Psychologues du Monde, a mentionné les résultats d’études réalisées en Tunisie depuis 2013. Elle a cité à titre d’exemple l’étude réalisée en 2019 en collaboration avec le FTDES. L’étude a porté sur 805 jeunes âgés entre 18 et 35 ans. Ces jeunes viennent de 4 régions : Kabaria, Sidi Hassine, El Mourouj, et El Menzah.

La présidente de l’association a déclaré que le contexte social n’influait pas vraiment sur l’avis des jeunes. Ainsi, les résultats, selon elle, étaient identiques dans les 4 régions. C’est pourquoi elle a affirmé que ceci indique qu’il s’agit d’une pensée sociale.

Rim Ben Ismail a affirmé que 74% des jeunes considèrent que leur avis n’est pas pris en considération. 60% des individus concernés par l’étude ont exprimé un sentiment de marginalisation et d’injustice. 80% ont considéré que la loi ne s’applique pas de façon égalitaire. 80% aussi ont considéré que l’Etat tunisien priorise les riches et délaisse les pauvres. Elle nous a révélé que 55% ne se sentaient pas respectés par l’Etat.

Par ailleurs, la psychologue a expliqué que l’étude démontre que les jeunes estiment que l’Etat exerce des violences à leur encontre. Elle a affirmé que le dialogue est totalement absent entre les jeunes et l’Etat.

Enfin, Rim Ben Ismail a critiqué la position de l’Etat vis-à-vis de ces études. Elle a estimé que les données existent et qu’elles peuvent être utiles pour le développement futur de stratégies sociales.

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