Pourquoi faut-il dénoncer la normalisation avec l’entité sioniste ?

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C’est officiel, le ministère des Affaires étrangères affirme son refus catégorique à la normalisation avec l’entité sioniste. Ainsi, il a pu clore les informations relayées sur les réseaux sociaux concernant l’éventualité d’une normalisation entre la Tunisie et l’entité sioniste.

En effet, cette prise de position concorde bel et bien avec l’esprit du Président de la république Kaïs Saïed. Ce dernier, lors de sa campagne électorale, a crié sur tous les toits son soutien indéfectible au peuple palestinien. Ainsi que son refus catégorique de toute forme de normalisation. D’ailleurs, faut-il encore rappeler que suite à la proclamation des résultats du deuxième tour de la présidentielle par l’Institut de sondage Sigma Conseils, le candidat a prononcé un court discours dans lequel il affirmait qu’il aurait tant aimé voir le drapeau palestinien devant lui à ce moment.

Historiquement, le refus de la normalisation concorde avec les dégâts subis par la Tunisie, cause d’affrontements indirects avec l’entité sioniste. Cette décision concorde également avec les relations étroites entre la Tunisie et la Palestine. Ainsi, nous passerons en revue quelques moments clés qui ont mis la Tunisie au cœur du conflit israélo-palestinien.

Rejeter la normalisation car le sang palestinien et le sang tunisien ont coulé à flot à Hammam Chott

Il s’agit de l’opération Jambe de bois. Le 1er octobre 1985, dix F-15 Eagle et deux Boeing 707 ravitailleurs israéliens bombardent le quartier général de l’Organisation de libération de Palestine (OLP) à Hammam Chott. La Tunisie a dénombré 68 morts (50 palestiniens et 18 Tunisiens). Heureusement pour l’organisation, son leader Yasser Arafet n’était pas sur les lieux du carnage. Aussitôt, la Tunisie ne manque pas de porter plainte auprès de l’ONU dont le Conseil a adopté la résolution 573 qui condamne l’attaque terroriste et exige des compensations financières. Cependant, jusqu’au jour d’aujourd’hui, la résolution demeure lettre mort.

L’assassinat de Khalil al-Wazir (Abou Jihad) à Sidi Bou Saïd

Trois ans après le drame de Hammam Chott, un groupe de commando israélien assassine Khalil al-wazir, alias Abou Jihad, l’un des fondateurs de l’organisation palestinienne Fatah, le 12 avril 1988. Deux hommes et une femme, entrant sur le sol tunisien par de faux passeports libanais ont perpétré le meurtre dans sa maison à Sidi Bou Saïd.

Le co-fondateur de Fatah a été tué devant sa femme et ses enfants. 24 ans après (2012), le quotidien israélien Yediot Aharonot relate tous les détails de l’opération. Et ce en se basant sur les révélations du soldat israélien Nahum Lev qui a dirigé le commando. Interviewé en 2000, le quotidien n’a eu l’autorisation de l’armée israélienne de publier l’interview qu’en 2012. Pour rappel, Abou Jihad a planifié une action, depuis Tunis, contre Israël en 1985 par voie maritime. Mais elle a fini par échouer car le navire a été intercepté et détruit.

Mohamed Zouari, quand le sang tunisien coule à Sfax

Le 15 décembre 2016, Mohamed Zouari, ingénieur spécialisé dans la fabrication des drones, originaire de la Ville de Sfax, trouve la mort après avoir reçu plusieurs balles par deux assassins. Deux jours après, 17 décembre, que la surprise des Tunisiens fut grande en lisant le communiqué de Hamas. L’organisation palestinienne affirme sans détour  l’appartenance de Zouari à ses brigades appelées Brigades Izz al-Din al-Qassam. Elle affirme que l’ingénieur tunisien avait un rôle primordial dans le développement des drones qu’elle utilise.

Malgré son accusation à Israël d’être l’auteur du meurtre, aucune réponse officielle n’a été formulée. Cependant, interrogé par le quotidien israélien Yediot Aharonot sur le crime, le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman s’est contenté de dire que Zouari n’était pas une personne pacifique nominée pour le Prix Nobel de la Paix. Et d’affirmer que son pays défendra ses intérêts partout.

Le discours d’Ariha : un discours rational hué à l’époque par les Palestiniens mais toujours d’actualité

En effet, la relation entre la Tunisie et la Palestine ne date pas d’hier. Feu Habib Bourguiba s’est rendu à Jericho en 1965. Faut-il encore rappeler que feu Habib Bourguiba était un homme d’Etat clairvoyant et visionnaire ? Pragmatique et rationnel, il avait proposé aux Palestiniens réfugiés palestiniens du camp de Jéricho (Ariha). Et ce lors de son discours prononcé le 3 mars 1965, une solution qui épargnerait le sang palestinien et œuvrerait à long terme pour récupérer tous les droits. Cette solution consiste à rejeter les armes non pour se soumettre mais pour emprunter la voie du compromis et des négociations.

Ainsi, il leur a recommandé de mettre en place «  la politique des étapes ». Dans cette logique, le premier président de la république tunisienne les a incité d’accepter la proposition des Nations unies. Une décision en vertu de laquelle la Palestine historique aurait dû être divisée en deux Etats voisins arabe et juif. Cependant, le goût amer de la défaite de 1948 empêchait les palestiniens d’y voir clair. C’est la raison pour laquelle ils ont fini par rejeter la proposition du leader tunisien.

« Si on avait refusé la signature de l’autonomie interne en 1954 soit-disant qu’il s’agit d’une demi-solution, la Tunisie serait encore sous le joug de la colonisation française ». Explique-t-il en leur demandant de suivre la même voie.

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