Histoires de poubelles

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Il semble que des entrepreneurs tunisiens avisés aient trouvé que nous manquions de déchets et qu’il serait par conséquent pertinent d’en importer. Le bon sens commun voudrait que cela soit illégal, en plus d’être immoral. Le même bon sens, devenu il faut dire une girouette, verrait que, s’agissant de gros, très gros colis, on n’avait pas besoin de loupe pour voir passer ces « marchandises », et pourquoi pas, mettre en échec le trafic.

Nous sommes habitués à observer qu’il y a des trous dans la raquette de l’Etat dit de droit, mais dans ce cas, on peut, sans risque de se tromper, parler de trous béants. Les « entrepreneurs » en question auraient fait passer les poubelles d’importation pour du plastique réformé.

Et c’est juste qu’on ne savait pas qu’il était permis légalement d’importer des déchets plastiques au moment où on légiférait sur l’abandon du plastique pour les sacs en usage dans le commerce.

On voit bien que des gens démunis font du ramassage des bouteilles en plastique une source de survie par ces temps difficiles. Mais aller jusqu’à importer de la pollution, en plus de déchets ménagers, cela nécessite beaucoup de culot, et probablement beaucoup de connivences.

Tous les gouvernements qui se sont succédé ont promis de combattre la corruption et la contrebande, mais on remarque qu’il y a manifestement encore du chemin à faire.

On va dire qu’un premier bout de chemin a déjà été fait, puisque la douane et le département de l’environnement disent suivre cette affaire de poubelles depuis un moment. En passant, on apprend qu’il s’agit de plus de trois cents conteneurs qui seraient en cause, dont plus d’une centaine a déjà débarqué chez nous.

« Aller jusqu’à importer de la pollution, en plus de déchets ménagers, cela nécessite beaucoup de culot, et probablement beaucoup de connivences »

On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions et que la loi existe pour être appliquée. A moins qu’il s’agisse encore et encore de vastes réseaux que la justice peine vraiment à démanteler, encore moins à mettre au pas. Tout le monde sait qu’il y a beaucoup d’argent en circulation dans ce qui est appelé marché parallèle, soit dit sans préciser à quoi il est parallèle puisqu’il n’y a que des figurants en face du parallèle.

Le Gouverneur de la Banque Centrale a beau chercher à se mettre quelque chose sous la dent pour donner un semblant d’optimisme, il n’a pu que constater les dégâts devant les honorables représentants du peuple. On aura remarqué que lors du débat en question, les interlocuteurs du Gouverneur n’avaient pratiquement rien à lui proposer pour tenter de ne pas finir l’année avec un PIB dont il dit qu’il sera négatif.

Bien entendu, on ne peut offrir que ce que l’on a, concernant les poubelles et des tas d’autres sujets de discorde. Le même Gouverneur a aussi dénoncé l’instabilité politique, simple euphémisme par les temps qui courent.

A ce sujet, les « Nahdhaouis » que l’on croyait droit dans leurs bottes se mettent à s’entredéchirer. Certains parmi eux disent même vouloir envoyer à la « poubelle » leur ancienne direction, tout particulièrement le président du parti. .

Toutefois, cette querelle réputée interne n’est pas du tout anodine pour, justement, la stabilité politique recherchée. Il n’y a qu’à entendre les griefs évoqués par les mécontents. Ceux-ci refusent tout particulièrement la perspective de la « présidence à vie » de l’actuel et ancien patron du parti.

Et c’est bien là le problème : il n’est pas évident, pour les islamistes comme pour d’autres, que le jeu des élections n’ait porté au pouvoir que des gens convaincus de la pérennité des valeurs démocratiques.

Il n’y a qu’à observer les déferlements démagogiques au sein de l’ARP pour se convaincre que la représentation du peuple peut assez souvent se confondre avec une représentation théâtrale allant de la tragi-comédie au mélodrame, au vaudeville.

Un certain 14 Janvier, on avait dit que tout cela avait été jeté aux poubelles de l’histoire. C’était sans tenir compte des « barbachas » qui se nourrissent des poubelles et, pour certains encore plus retors, en importent.

Pour certains virus, pas seulement la Covid-19, il faut se rendre à l’évidence que la vaccination n’est pas pour tout de suite.

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