La prééminence présidentielle contestée par Ennahdha, qui aura le dernier mot ?

Ennahdha Kaïs Saïed

Selon l’article 89 de la Constitution, il revient au président de la République de charger la personnalité la plus apte à former un gouvernement. Une prééminence contestée par le parti islamiste Ennahdha avec des arguments fallacieux qui ont été réfutés même de l’intérieur.

Il ne se passe pas un jour depuis la démission d’Elyes Fakhfakh sans que le président de la République, Kaïs Saïed, n’impose son tempo. Et ce, comme seul maître horloger sur la scène politique. Et ce, en dépit de quelques vaines tentatives de la part d’Ennahdha pour lui contester ce rôle défini par la Constitution.

Seul maître à bord

Ne disposant que de dix jours pour tirer de son chapeau un nouveau locataire à La Kasbah, Kaïs Saied a adressé, hier, une correspondance aux partis, coalitions et blocs parlementaires. Pour leur demander de  présenter leurs propositions sur la  personnalité qui succédera au chef du gouvernement démissionnaire. Jeudi 23 juillet est la date limite de réception des propositions.

Ainsi, via  cette correspondance, le chef de l’Etat met les acteurs politiques, en particulier le mouvement Ennahdha, au pied du mur. Avec un message fort adressé à tout le monde. C’est lui, et lui seul, qui nomme le futur chef du gouvernement. Tout en s’appuyant sur  l’article 89 de la Constitution qui stipule que  « le président de la République charge la personnalité la plus apte à former un gouvernement ».

Toutefois, à l’évidence, le parti islamiste ne semble pas accepter les règles du jeu. Et comme à l’accoutumée, tient un double langage. Un exercice dans lequel il excelle.

Double discours

Car, comme l’affirme  le député du bloc démocratique, Haykel Mekki: « D’une part, Ennahdha assure faire confiance au président de la République. Et ce, quant à son choix de la personne à désigner pour La Kasbah. D’autre part, Rached Ghannouchi a donné des consignes à ses troupes pour continuer sur la voie du retrait de confiance à M Fakhfakh. Alors que ce dernier avait officiellement démissionné de son poste ».

La preuve, Noureddine Bhiri, le fidèle lieutenant du cheikh de Montplaisir, s’est empressé de clamer sur tous les toits que son bloc parlementaire continue de collecter les signatures. Afin de lancer le processus de motion de censure à l’encontre de l’actuel chef du gouvernement.

« Aberration légale »

Or, cette perfide manœuvre est loin d’être fortuite. Car selon le parti islamiste, la démission de Fakhfakh est intervenue après la présentation d’une motion de censure contre lui à l’ARP par le bloc parlementaire d’Ennahdha.

Conclusion : ladite motion de censure précède la démission du chef du gouvernement. Ce qui lui confère le droit de conduire les négociations de formation du prochain gouvernement. Et ce, au cas où la motion en question recevrait l’aval de 109 députés ou plus !

Une interprétation erronée qui a été vivement contestée par le député nahdhaoui, Samir  Dilou, avocat de son état. Lequel a écrit, hier, sur sa page facebook que: « Déposer une motion de censure contre un gouvernement démissionnaire est une aberration légale (monkar 9anouni) ».

Quid des premiers ministrables ?

Sur un autre registre, les spéculations vont bon train sur l’identité du prochain chef du gouvernement.

Ainsi, si le chef de l’Etat portait son choix sur une personnalité apolitique dont la mission sera axée principalement sur « le sauvetage de l’économie », quatre noms, selon les observateurs avertis, se détachent du lot. En l’occurrence, l’ancien ministre des finances et du développement et de la coopération internationale Ahmed Abdelkafi, l’ancien ministre des Finances, Hakim Ben Hammouda, l’ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UE à Bruxelles, Ridha Ben Mosbah, et l’actuel ministre de l’Energie, Mongi Marzouk.

Quatre pur-sang dans la course mais qui franchira le premier la ligne d’arrivée ?

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