Mehdi Ghazzai analyse l’interview de Fakhfakh sur Nawaat

Mehdi Ghazzai

Quelle analyse peut-on faire de l’interview du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh sur Nawaat? Mehdi Ghazzai, consultant en communication, nous livre un état des lieux dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com

Ainsi, Mehdi Ghazzai déclare: « Tout d’abord, on peut se demander pourquoi le choix du média Nawaat? Nawaat est connu pour son ton libre et ses journalistes d’investigation, une sorte de Mediapart tunisien. »

A cette interrogation, Mehdi Ghazzai répond: « Ce choix est un premier message de la part du chef du gouvernement. Il n’a rien à cacher et il prend la parole en toute transparence. »

Et de poursuivre: « De plus, on a eu droit à une mise en scène étonnante qu’on n’a pas vu depuis le début de sa prise de fonction. Elyes Fakhfakh est apparu en chemise, manches retroussées, s’aidant d’une gestuelle bien articulée. Le chef du gouvernement s’est mis au travail pour sauver le travail et il nous le fait savoir. »

Quid du fond et de la forme?

D’ailleurs, Mehdi Ghazzai indique: « L’équipe de communication du chef du gouvernement a réussi à faire passer le message. A savoir qu’il prend la parole en toute transparence et qu’il est dans une dynamique de travail. Par contre sur le fond, le chef du gouvernement se défend de l’affaire de conflit d’intérêts. Tout en répétant que tout son parcours politique était blanc comme neige. Le même refrain qu’on entend chez d’autres membres de la coalition gouvernementale. »

Et d’ajouter: « Ceci est juste un procédé rhétorique qu’on appelle une pétition de principe. C’est un procédé fallacieux, un sophisme, une illusion d’argumentation. Il consiste à tenir pour vraie la proposition que l’on veut démontrer, en la présumant vraie dans l’une des prémices. Qu’est-ce qui nous prouve que Elyes Fakhfakh est de bonne foi? Parce qu’il a toujours été de bonne foi!! De plus, le chef du gouvernement estime qu’il y a plusieurs lectures de l’article 20. Comme pour dire qu’il serait de bonne foi, si jamais il ne l’a pas correctement appliqué. »

Puis, notre interlocuteur poursuit: « Si on a instauré dans notre système politique des procédures de transparence avec l’Instance nationale de lutte contre la corruption, c’est justement pour ne plus se reposer sur la bonne foi des responsables. Ce n’est pas par amour de la bureaucratie, mais pour ne plus dépendre de la bonne volonté de ceux qui nous gouvernent! »

En somme, il conclut: « Après avoir perdu la ceinture parlementaire ainsi que l’appui de l’opinion publique, il sera désormais difficile pour ce gouvernement de mettre en place ses réformes avec seulement la ceinture… des bonnes volontés. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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