Commission d’enquête à l’ARP : Fakhfakh seul face à son destin

Fakhfakh

Une commission d’enquête parlementaire  se chargera d’examiner les soupçons de conflit d’intérêts qui pèsent sur le chef du gouvernement. Cette commission qui enquêtera sur Elyes Fakhfakh se compose majoritairement de membres de l’opposition.

Debout face à la tempête, harcelé de partout, abandonné par tout le monde, sauf, grosse surprise, par ses « amis d’Ennahdha ». Lâché par le président de la République qui lui aurait conseillé de démissionner. Elyes Fakhfakh force le respect par sa détermination à se battre. Et ce, pour prouver son intégrité et laver son honneur, dans cette sale affaire de Fakhfakhgate.

Pourtant, le chef du gouvernement est actuellement dans l’œil du cyclone. A cause d’un supposé conflit d’intérêt concernant une société dont il est actionnaire et qui aurait conclu des marchés avec l’Etat.

Commission d’enquête

En effet, les blocs de Qalb Tounes et de la Coalition Al Karama que tout sépare sur le papier, montaient au créneau, hier jeudi 25 juin 2020. Ainsi, ils annoncent la création d’une commission parlementaire composée majoritairement de l’opposition. Laquelle devra enquêter sur les soupçons de corruption qui pèsent contre le chef du gouvernement. Et ce, « afin d’examiner le déroulement de l’appel d’offres. Pour vérifier s’il y a eu des pressions de la part du chef du gouvernement pour s’emparer de ce marché d’une valeur de 44 millions de dinars ». C’est ce que précise le député de Qalb Tounes, Iyadh Elloumi. Il s’exprimait, hier jeudi, lors d’une conférence de presse organisée dans l’hémicycle.

A cet égard, la commission d’enquête regroupe: outre les présidents des blocs parlementaires de Qalb Tounes et de la Coalition Al-Karama; quatre députés du bloc Qalb Tounes et deux députés du bloc Al-Karama.

A noter que Seif Eddine Makhlouf, connu pour ses outrances et son langage « fleuri », n’y est pas allé de main morte. Puisqu’il va même jusqu’à accuser le chef du gouvernement d’avoir créé une société, « rien que pour se sucrer sur le dos de l’Etat ».

Nabil Karoui, chantre de « l’intégrité »

De son côté, Nabil Karoui, président du parti Qalb Tounes, appelle le président de la République « à reconsidérer son choix d’Elyes Fakhfakh à la tête du gouvernement. Suite à son implication dans une affaire de suspicion de conflit d’intérêts ». Avant de se rétracter, en précisant que le retrait de confiance à M. Fakhfakh n’est pas envisageable actuellement. Car « il faut attendre les résultats de l’enquête judiciaire et des travaux de la commission parlementaire à ce sujet ». Tels sont les propos qu’il exprimait prudemment. Et ce, dans une déclaration de presse au siège du parlement au Bardo; en marge de la séance de dialogue avec le chef du gouvernement.

Ainsi, pour le président de Qalb Tounes, « le chef du gouvernement doit se justifier et expliquer les circonstances de cette affaire. Surtout que l’actuel gouvernement se présente comme étant le gouvernement le plus intègre et celui qui va combattre la corruption ».

Machiavélisme

Toutefois, la surprise est venue du député d’Ennahdha, Mohamed Goumeni. Puisqu’il affirmait, lors de la plénière du jeudi 25 juin, que le parti soutient le gouvernement Fakhfakh auquel il participe.

Même son de cloche du député islamiste Samir Dilou. « Je fais partie d’un bloc parlementaire qui a soutenu et qui soutient encore ce gouvernement. Tant qu’il continue à lutter contre la corruption et à protéger les plus démunis », déclarait-il hier soir sur le plateau  d’Attassia.

Alors, que dire de ce soutien « inespéré » de la part de Montplaisir? Tout porte à croire qu’Ennahdha qui poussait hier à élargir la coalition gouvernementale pour faire intégrer son allier contre-nature, Nabil Karoui, cherche à travers la commission d’enquête à affaiblir Elyes Fakhfakh. Et pourquoi pas l’éliminer de la scène politique? Lui, l’homme choisi par le président de la République.

Entre-temps, elle avance cachée, en soutenant publiquement le chef du gouvernement. Laissant le sale boulot à la coalition Al Karama et à Qalb Tounes. Une leçon de machiavélisme!

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