En temps de guerre, il faut appliquer la « dictature de la loi »

dictature de la loi

Face à la grave situation épidémiologique à laquelle la Tunisie est désormais confrontée à cause du comportement irresponsable voire criminel d’une fraction de la population, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une stricte application de la loi; même par la force publique.

Force est de constater qu’en dépit de l’instauration du couvre-feu et de l’entrée en vigueur du confinement général, des citoyens insouciants et irresponsables se permettent le luxe de déambuler dans les rues, dans l’indifférence générale, de s’attrouper dans les marchés hebdomadaires. Enfreignant ainsi la loi et mettant en danger leur vie et surtout celle d’autrui.

Toute vérité est-elle bonne à dire ?

Sans parler de certaines personnes diagnostiquées positives au Covid-19 qui ne respectent pas le confinement sanitaire obligatoire et l’auto-isolement. Résultat: au lieu de s’inverser, la courbe des contaminations horizontales est en hausse ces derniers jours; ce qui laisse présager d’une grave situation épidémiologique. D’ailleurs, on chuchote que le stade 4 de l’évolution de l’épidémie a été atteint. Mais que les responsables politiques voilent une part de la vérité de peur d’affoler la population.

L’appel à l’armée

C’est dans ce contexte tendu que, à une question posée hier soir par l’animatrice de l’émission Tounès al Yawm sur la chaîne privée Al Hiwar Ettounsi, relative au rôle que devrait jouer l’Armée nationale dans la lutte contre le coronavirus, la réponse était massive. Pas moins de 94% des sondés sont favorables à l’implication de l’institution militaire dans la guerre déclarée contre ce terrible ennemi. Qui avance caché, sans bataillons, sans soldats et sans champs de bataille !

Comment interpréter cet appel massif à notre Armée, l’institution la plus vénérée par les Tunisiens ? La réponse est évidente. Face au relâchement général de la population, au manque de civisme, voire à l’absence totale du sens de la responsabilité individuelle et collective, il ne reste que le recours à « la dictature de la loi ».

Une expression utilisée d’ailleurs, hier soir, au cours de l’émission Tounès Al Yawm par le chroniqueur Néjib Dziri. « Face aux scènes de désordre observé ces derniers jours, il ne reste qu’une solution: « l’application stricte de la loi. L’Etat dépositaire de la force publique ne doit pas avoir d’états d’âme, mais recourir à la violence si nécessaire. Car il s’agit d’atteinte à la sécurité nationale, une affaire de vie ou de mort », s’est-il écrié.

Plus de mains qui tremblent

Certes, face à cette situation épidémiologique qui risque de déraper dangereusement, Hichem Mechichi, le ministre de l’Intérieur a haussé le ton, hier lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Santé. Ainsi, il a menacé notamment les citoyens diagnostiqués Covid+ qui ne respectent pas les mesures de confinement obligatoire de poursuites judiciaires allant même jusqu’à l’homicide involontaire.

Ce n’est pas suffisant, car, désormais, il n’y a plus de place pour les atermoiements et les « mains qui tremblent ». Les larmes du ministre de la Santé étaient sincères et le visage ravagé du docteur Nisaf Ben Alaya ont profondément touché les Tunisiens. Mais dans une guerre, la discipline doit être strictement et scrupuleusement appliquée. Par la force, s’il le faut.

Voila ce qui explique le sens de l’appel populaire lancé aux forces armées pour qu’elles sifflent la fin de la récréation. Avant qu’il ne soit trop tard…

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