« Contagions », note de lecture

Contagions Paolo Giordano 1

L’écrivain et physicien italien Paolo Giordano, docteur en physique théorique et écrivain mondialement lu, vient de publier son essai “Contagions“ (Paolo Giordano, édition Le Seuil, avril 2020).

« Contagions », ce livre court sur la pandémie du coronavirus a été écrit, il y a quelques jours à peine, dans le feu de l’urgence, alors que l’expérience du confinement démarrait en Italie– avant de toucher la France.

« J’ai décidé d’employer ce vide à écrire. Pour tenir à distance les présages et trouver une meilleure façon de réfléchir à tout cela. L’écriture a parfois le pouvoir de se muer en un lest qui ancre au sol. Ce n’est pas tout: je ne veux pas passer à côté de ce que l’épidémie nous dévoile de nous-mêmes. Une fois la peur surmontée, les idées volatilisées s’évanouiront en un instant– il en va toujours ainsi avec les maladies », pose d’emblée l’auteur.

Paolo Giordano affirme que dans la contagion, nous redevenons un organisme unique. « Quand vous lirez ces pages, dit-il, la situation aura changé. Les chiffres seront différents, l’épidémie se sera étendue. Elle aura atteint tous les coins civilisés du monde, ou aura été domptée– peu importe. Les réflexions que la contagion suscite maintenant seront encore valables. Car nous n’avons pas affaire à un accident fortuit ou à un fléau. Ce qui arrive n’a rien de nouveau; cela s’est déjà produit et cela se reproduira ».

Paolo Giordano déclare: « Nous traversons un intervalle de suspension de notre quotidien, une interruption de notre rythme ». Il affirme qu’il n’a pas peur de tomber malade. Mais qu’il est inquiet, « de tout ce que la contagion risque de changer, de découvrir que l’échafaudage de la civilisation, qu’il connait est un château de cartes ». Il a peur de « la table rase, mais aussi de son contraire ».

La contagion, estime-t-il, est donc « une invitation à réfléchir… Réfléchir à quoi? Au fait que nous n’appartenons pas seulement à la communauté humaine. Nous sommes l’espèce la plus envahissante d’un fragile et superbe écosystème ». Principe absolu et vérité première: « Aucun homme n’est une île ».

En conclusion, Paolo Giordano confirme la nécessité de la méditation: « Comment sommes-nous arrivés là? Comment nous aimerions reprendre la course de notre vie? ». Ultime réponse à la contagion, faire valoir la sagesse, « pour ne pas permettre à cette souffrance de passer en vain ». Mais peut-on généraliser cette prise de position, afin que tous les confinés de l’épidémie transgressent leurs peurs, optent pour la méditation et fassent valoir la sagesse sur la contingence.

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