Les ministres africains des Finances réclament un financement de 100 milliards de dollars

Covid-19 Afrique

Les ministres africains des Finances se réunissaient mardi, à Addis-Abeba, en visioconférence. Ils réclament un financement d’urgence de 100 milliards de dollars pour combattre le COVID-19.

« L’économie africaine est confrontée à un ralentissement profond et synchronisé. Et elle ne pourra s’en remettre qu’au bout de trois ans ». Tel est le constat qu’ils établissent. Tout en reconnaissant les mesures politiques louables prises par les gouvernements.

En effet, « des baisses substantielles des recettes provenant de la baisse des prix des produits de base, associées à une augmentation des coûts des importations, exercent des pressions sur l’inflation et le taux de change ». C’est donc ce qu’on pouvait lire dans un communiqué de la Commission économique pour l’Afrique, mercredi.

Ainsi, Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) organisait cette deuxième réunion par visioconférence. De même que les Ministres Tito Mboweni d’Afrique du Sud et Ken Ofori-Atta du Ghana la co-présidaient.

A cet égard, notons que de nombreux ministres participaient aux réunions munis de masques.

Tout d’abord, les ministres mettaient l’accent sur la nécessité de prendre « toutes les mesures possibles pour ralentir et maîtriser la propagation du COVID19 à court terme ». Mais en reconnaissent qu’il s’agit d’un combat difficile.

Et de poursuivre: « L’attention immédiate doit être sur le front sanitaire et humanitaire. En poursuivant la sensibilisation, les tests et la distanciation sociale. »

Appel à l’allègement de la dette

Par ailleurs, les ministres appellent, dans ce contexte, à alléger la dette des partenaires bilatéraux, multilatéraux et commerciaux. Avec le soutien des institutions financières multilatérales et bilatérales telles que le FMI, le GBM, l’UE. Et ce, pour garantir que les pays africains disposent de l’espace budgétaire nécessaire pour faire face à la crise du COVID-19.

En outre, ils soulignent la nécessité d’une période plus longue pour l’allègement de la dette. Étant donné que l’économie mondiale entre dans une période de ralentissement synchronisé. La reprise n’étant attendue qu’après environ 24 à 36 mois. Alors, les partenaires au développement devront envisager un allègement de la dette et une abstention des paiements d’intérêts sur une période de deux à trois ans pour tous les pays africains, les Pays à faible revenu (PFR) et les Pays à revenu intermédiaire (PRI).

« L’appel à l’allègement de la dette », soulignent-ils, « s’adressent à toute l’Afrique et doit être entrepris de manière coordonnée et collaborative ».

Ils ont plaidé ainsi, en faveur de la création d’un moyen à vocation spéciale pour faire face à toutes les obligations de dette souveraine.

Importance du secteur privé pour la création d’emplois

De plus, les ministres reconnaissent l’importance du secteur privé pour la création d’emplois et pour la relance. Aussi, ils appellent les institutions financières de développement (IFD) à soutenir le secteur privé en cette période difficile.

Autre point évoqué: la nécessité de développer une production pharmaceutique continentale locale. Et ce, pour servir à protéger certains emplois et garantir l’approvisionnement en médicaments essentiels pendant la crise. Etant donné que l’Afrique est un importateur net de produits pharmaceutiques.

Car, plus de 54 pays ont interdit les exportations de produits pharmaceutiques, selon le communiqué de la CEA.

Alors, les ministres appellent à cet effet à des protocoles conjoints sur la fermeture des frontières. Et ce, afin d’autoriser des couloirs commerciaux et humanitaires. « Il existe un besoin de facilités de liquidités, de refinancement et de garanties pour soutenir le secteur privé », ont-ils laissé entendre.

Avec TAP

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