Les produits dérivés de change : qu’en sait-on?

Produits dérivés

« Produits dérivés de change en Tunisie ». Tel est le thème du séminaire organisé ce matin par la Banque centrale de Tunisie (BCT), le TCX et  le Forex Club de Tunisie. Avec le soutien technique de l’ISDA et l’IFC . Et ce, en présence de Béchir Trabelsi, président du Forex Club de Tunisie; ainsi que les professionnels du secteur bancaire et des entreprises publiques et privées.

Ainsi, cette journée sur les produits dérivés de change permettait d’exposer l’intérêt économique de la couverture contre les risques de marché. D’ailleurs, il y a deux composantes critiques du risque du marché. A savoir: celle du risque du taux d’intérêt et celle du risque du taux de change.

Or, quand on parle du risque, il est toujours associé à un événement négatif. Alors ici, quel est l’élément négatif? Pour une partie, c’est la dépréciation de la monnaie locale ou de devise.

Par ailleurs, cette journée était l’occasion de montrer quelles sont les meilleures pratiques de marché nécessaires; mais aussi du cadre légal et réglementaire. Afin d’établir une documentation normalisée.

En outre, lors du débat, Béchir Trabelsi, Président du Forex Club, et  Directeur général des finances extérieures à la Banque centrale de Tunisie (BCT)  insistait sur l’importance de la couverture contre les risques de marché. Et ce, pour les opérateurs économiques tunisiens. 

En effet, il indique qu’il y a deux risques dans le cadre macro-économique. Il précise à cet égard: « Si la Tunisie est arrivée à maîtriser la macro-économie de manière générale depuis 2017, c’est grâce à des mesures urgentes, comme le stock de réserves; avec un  déficit courant qui est passé de 11.2 à 8.8%. » Il estime que ce sont ces performances là qui ont permis à une stabilisation des équilibres macro-économiques.

L’investissement:  au cœur de la croissance

Par ailleurs, les intervenants ont mis l’accent sur l’enjeu de la croissance économique, qui selon eux, est important. 

En clair, le cœur de la croissance est l’investissement. De ce fait, ils estiment que l’investissement étranger ne peut exister que s’il y a des instruments qui permettent de se couvrir contre les risques. Le principal risque étant le risque de change, notamment pour les pays émergents. 

Ce qui veut dire également que les risques de marché peuvent être couverts par des instruments appropriés dont les produits dérivés. 

Partant du constat que les institutions financières tunisiennes se trouvent en difficulté dans leurs relations contractuelles sur les produits dérivés avec les institutions financières étrangères, il est important aujourd’hui de trouver un climat propice à l’investissement. D’où l’intérêt d’un retour à l’investissement. Tout cela ne peut être possible qu’à une condition sine qua non qui est l’existence d’une courbe de taux. Il s’agit d’une courbe qui retrace les taux d’intérêt et qui aide à apprécier les produits financiers C’est donc qu’on doit avoir une référence qui va se projeter dans 20 ans. 

La réglementation internationale n’est qu’une suite d’un contrat à terme et de court terme, mettant en avant un contrat forward. 

Rappelons qu’un contrat forward est un instrument financier efficace pour compenser le risque de taux de change. Il permet de verrouiller le taux de change. En effet, il s’agit d’une suite de plusieurs contrats à terme, émis dans le temps jusqu’à la maturité de trois, voire même 10 ans. Mais pour pouvoir les valoriser, il faut avoir une idée sur le taux forward

Toutefois, les produits dérivés à l’échelle internationale sont mis en place à travers une documentation par l’ISDA. Soit: l’International Swaps and Derivatives Association. 

De ce fait, le contrat  type ISDA en question garantit les droits et obligations des contractants. Ce qui nous amène à nous projeter dans deux ou trois ans. De ce fait, la Banque centrale a publié sa courbe centrale monétaire. 

La Tunisie est en train d’attaquer une nouvelle phase macro-économique

Or d’après les experts présents, la Tunisie est en train d’attaquer une nouvelle phase macro-économique. Et tout le monde insiste à dire que l’économie sans l’investissement, cela ne peut pas se faire. 

En outre, sans l’investissement étranger, cela ne serait pas non plus possible. Cela dit, le besoin de la Tunisie exige de la croissance et de l’investissement. 

Pour cette raison, la BCT n’a cessé durant ces dernières années de mettre l’accent sur la nécessité de la couverture. La Banque centrale devra s’attaquer à des registres plus longs de gestion de risque du marché dans le moyen terme. 

Pour ce faire, la BCT insiste sur l’utilisation des instruments de couverture des risques de change et de taux d’intérêt à long terme et les instruments de couverture contre les risques du marché. 

En clair, elle veut lancer une dynamique de réflexion à plusieurs niveaux. Comme, par exemple, celui de bâtir un nouveau marché des dérivés plus sophistiqué. 

De son côté, Bilel Sahnoun, CEO Bourse de Tunis revient sur le cadre législatif. Il estime aujourd’hui qu’il est important de pousser les législateurs à avoir des réglementations qui peuvent le faire. Cela peut être la réglementation de change d’une part; et d’autre part, la réglementation qui régit le marché des capitaux et des activités boursières. « Je pense que les prochains textes permettront de développer des produits dérivés et à la Bourse de créer des produits à l’intention des investisseurs, des acteurs économiques pour pouvoir les coter en bourse et faire du trading sur ces produits dérivés », conclut-il. 

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