Revanche posthume

monde juif Sousse
Credit Photo : Yves Kamhi

« L’histoire se répète une première fois comme une tragédie, une seconde fois comme une farce », dixit Karl Marx. L’auteur du Capital, ne croyais pas si bien dire, lui, juif parmi les juifs. Et cela vaut pour un tas de choses… Mort aux juifs enterrés de Sousse, comme si, ils ou elles, n’étaient pas déjà passés de vie à trépas et mis sous terre.

Vouloir casser du juif alors, même outre-tombe. Cela s’est passé tout d’abord dans la tête d’une bande d’écervelés et de fanatiques, avant d’être concrétisé sur le terrain vendredi 1er mars dans le cimetière israélite de la ville de Sousse où reposent beaucoup de nos compatriotes juifs, qui ont eux aussi façonné à leur façon ce pays. Au grand dam des quelques juifs qui ont tenu à rester dans leur ville, malgré tout ce que le pays a connu en matière de convulsions. Mais visiblement pas au grand dam des autorités, ni au niveau régional, ni au niveau national.

En tous cas, je n’ai ni vu, ni entendu un quelconque responsable monter au créneau pour dénoncer l’acte. Et de la manière la plus vigoureuse, selon la terminologie consacrée; aucune véritable réaction qui aurait été à la mesure de la gravité du forfait.

On ne peut pas dire que le Coronavirus n’est pas passé par là, mais tout de même! Profaner et saccager par désir de revanche, même si cela met à nue toute l’étendue de votre impuissance et l’idiotie de votre démarche. Cela, ne vous rendra ni la Palestine, ni Al-Qods; comme du reste ce geste provocateur des supporteurs espérantistes surexcités, lors du quart de finale aller de la Ligue des champions face à Ezzamalek dans son antre:

Quand vous brandissez des drapeaux palestiniens dans une rencontre dont on savait à l’avance qu’elle allait être explosive, à quoi vouliez-vous vous attendre? Qui plus est quand on connait la position égyptienne dans le conflit israélo-palestinien. Mais bon, dans l’imaginaire arabo-musulman pour ne pas dire islamiste, un juif même mort est toujours bon à prendre, bon à tuer, quitte à le faire symboliquement. Et dans l’art des symboles, les Israéliens sont depuis longtemps passés maîtres.

Faillite collective

Peuple dépossédé, peuple spolié… Pendant des siècles, il y a eu le juif errant avec sa gueule de métèque. Depuis 1948, nous avons un Palestinien avec son bâton de pèlerin qui veut convaincre de la paix pour retourner dans la terre de ses ancêtres, mais qui n’y arrive pas. Mais bon, on ne va pas refaire l’histoire… Notre faillite collective est bien là, même si Bourguiba a su nous épargner bien des tourments, même s’il faut relativiser. Inquisition quand tu nous tiens et que la démarche devient un acte de foi…

Il faudrait demander à tous les imams du pays de suspendre leurs incantations incendiaires vis-à-vis des juifs et de tous les mécréants de la terre. Le temps de permettre à leurs scientifiques de trouver l’antidote au Coronavirus; lu sur Facebook… L’intolérance dans sa forme la plus exécrable. La tolérance, ce n’est pas demain qu’on la verra. Je ne veux même pas imaginer ce qu’aurait pu être la Tunisie sans ce si précieux héritage bourguibien…

Accuser quelqu’un d’apostasie et ne pas en rougir, et cela s’est passé mardi 3 mars à l’Assemblée du peuple; à marquer d’une pierre noire par la faute d’Ennahdha et de son pendant Al Karama…

Il va falloir pour les habitants de ce pays, qu’ils retiennent leur souffle et fassent gaffe. Car les revoilà replongés dans un délire identitaire qui n’a en fait jamais disparu, et dont ils savent très bien où il pourrait les mener.

La seule démocratie du monde arabe se plait-on à dire. Je suis curieux de savoir comment va réagir la justice face à une telle atteinte à la notion d’une République supposée être civile, même si le résultat est connu d’avance… Les Tunisiens, un grand peuple uni et solidaire; vous voulez rire?

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