Abdelmadjid Tebboune élu Président de l’Algérie

Fin du suspense !  Elu avec 58,15 % des voix, Abdelmadjid Tebboune, l’ex-Premier Ministre de Bouteflika, âgé de 74 ans, est le nouveau Président de l’Algérie, issu du scrutin de l’élection présidentielle du 12 décembre.

Rappelons que le résultat de l’élection présidentielle a donné comme suit:
Tebboune : 4 945 166 voix.
Bengrina : 1 477 735 voix.
Benflis : 896 937 voix.
Mihoubi : 617 753 voix.
Belaid : 566 808 voix.
Autrement dit, Tebboune est désigné Président au 1er tour.

Qui est Abdelmajid Tebboune?

Né le à Méchria (Algérie), est un homme d’État Algérien, Premier Ministre du  au . Il est le chef de gouvernement qui est resté le moins longtemps à la tête de son pays. Il devient ainsi le 11ème Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire depuis l’indépendance en 1962. Son élection est entachée par une campagne contestée par des manifestations massives jusqu’au jour du scrutin. Et une abstention record de plus de 60%. 

Selon certains médias occidentaux, il se présente comme le « candidat du peuple », soulignant que les revendications de Hirak ne peuvent être satisfaites « sans un président élu et légitime ». Cela dit, pour ses rivaux, il serait le « candidat de l’armée ». 

Une élection sous haute tension

Revenant sur l’élection d’hier, elle était sous haute tension. D’ailleurs, le mouvement Hirak avait contesté ces élections.

Pour Nadia Mesghouni, Senior Analyst Tunisia-Algeria dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com souligne: « Cette élection surréaliste est rejetée en bloc par le Hirak, et au lendemain d’un jeudi fatidique, l’Algérie se réveille donc avec un nouveau Président, impuissant, placé sous le contrôle de l’armée. Un Président fantoche à la tête d’une « nouvelle bande » selon l’expression consacrée à l’Alger, dépourvu de légitimité populaire et démocratique, et n’ayant d’autre choix que de passer sous les fourches caudines des institutions financières internationales. »

Elle ajoute: « On est face à une double incertitude, une, objective liée à l’instabilité et à la complexité des rapports de force, laissant ainsi sa place à l’indétermination. Et à une pluralité d’interprétations en concurrence sur l’appréciation du présent et le sens de l’avenir. Et l’autre, subjective liée aux évaluations les plus pertinentes possibles des uns et des autres. Mais tout est possible et les jeux ne sont pas encore achevés. »

Quel est le noyau du régime Algérien?

Par ailleurs, elle estime que le noyau du régime Algérien est très compliqué à décrypter et il est opaque. Il s’agit, selon elle, l’appareil militaire.

Elle précise dans ce contexte: « Des généraux majors importants dans l’entourage de Gaid Salah qui prennent eux-mêmes parti pour tel ou tel candidat. C’est comme si les élections se jouaient au sein de l’Etat major. Ainsi, Tebboune est soutenu de par le Général Major Lachkhen, Chef de Département des Transmissions Systèmes. Et qui dit transmission dit contrôle des élections le jour du vote. Puisque les autres sécurisées par le Ministère de la Défense lui-même, Général Ouassini Bouazza, Directeur de Contre-Espionnage Décryptage. Ce dernier a remplacé Athmame Tartag (actuellement en prison) qui était sous fonction de Boutef. Et très proche de Gaid Salah, lui défend le candidat Azedine Mihoubi, l’ancien Ministre de la Culture de Boutef. Enfin, d’autres généraux sont eux partisans de Ali Benflis, ancien Premier Ministre de Boutef. Pourquoi ? Parce que les deux précédents généraux sont du Sud. Alors que eux sont de l’Est. Comme Ali Benflis, donc leur candidat c’est Benflis ».

Elle conclut: « Il y a actuellement une vraie lutte clanique d’influence au sein de l’armée pour soutenir tel ou tel candidat. Dans tout ça, les élections se jouent dans des conditions non démocratiques. »

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