Economie: le toboggan qui attend le nouveau gouvernement (2/3)

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Lors de la réunion avec les responsables des banques, le Gouverneur a fait indirectement savoir qu’il ne changerait pas sa politique monétaire tant que les autres indicateurs macroéconomiques n’ont pas encore affiché une amélioration.

Le gouverneur a indiqué que « la consolidation des acquis en matière monétaire nécessite la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes, plus particulièrement le gouvernement, pour améliorer l’environnement d’affaires, engager les réformes structurelles et la restructuration des entreprises publiques afin d’assoir les déterminants requis pour booster l’investissement local et étranger et assurer le retour à la croissance de l’économie ».

Encore des difficultés de financement

La BCT a passé un message clair : elle compte atteindre son objectif de stabilité des prix, et donc de maîtrise de l’inflation coûte que coûte. Si elle est aidée par les politiques publiques, tant mieux. Sinon, elle mènera seule la bataille. Elle est bien outillée pour le faire.

Les règles de jeu imposées par le régulateur depuis l’année dernière ont été efficaces de point de vue macro, mais les retombées sur les entreprises ne sont pas aussi bonnes.

Selon les chiffres des banques cotées à la Bourse de Tunis, l’encours net de dépôts a progressé de 4,083 milliards de dinars sur les neuf premiers mois de l’année, mais celui des crédits n’a augmenté que de 2,189 milliards. Les banques se contentent d’engranger plus d’intérêts grâce à un environnement de taux élevés et de gérer les portefeuilles inforce.

Cela signifie moins d’investissements et de création d’emplois. Si nous regardons les chiffres des sociétés cotées, nous allons constater que l’investissement a reculé de 18,4% sur les neuf premiers mois à 353,9 millions de dinars, alors que l’endettement a augmenté de 259,8 millions. Cela signifie qu’une trentaine de sociétés accaparent 12% de l’encours net des crédits !

De facto, l’accès aux crédits est réservé aux entités qui peuvent offrir des garanties réelles, excluant ainsi les PME et les entreprises innovantes. Imaginez une entreprise qui produit des logiciels. Quel est son actif ? Que des ordinateurs qui n’ont aucune valeur aux yeux d’une banque. Les activités peu capitalistiques mais qui exigent un fonds de roulement élevé souffrent, alors qu’elles sont au cœur de la nouvelle économie. Un nouveau modèle d’évaluation des risques s’impose pour ne pas tuer la transformation de notre économie avant qu’elle ne commence. D’où l’appel de la BCT aux banques pour repenser leur modèle économique.

Pourquoi les banques ont peur ?!

Mais les banques ont une peur justifiée de la qualité des actifs. Les autres établissements de crédits, les compagnies de leasing, ont déjà affiché des chiffres inquiétants. Fin septembre 2019, les créances classées sont de 490,7 millions de dinars, une hausse de 28% en rythme annuel. Les banques risquent donc le même sort si elles se lancent dans le crédit aux PME.

En pratique, le juste milieu est très difficile à trouver. Les banques ont des actionnaires qui veulent rentabiliser leurs investissements. La gestion des risques est coûteuse, ce qui incite à octroyer des crédits de consommation à une clientèle stable et capable d’honorer à ses engagements.

Mais ces actionnaires doivent aussi être conscients que le modèle actuel a une durée de vie limitée. Il faut intégrer les nouvelles technologies au niveau de l’exploitation, au-delà des points de ventes automatisées. C’est donc des investissements lourds à initier. De plus, les modèles de notation internes doivent tenir compte des spécificités des PME, permettant une bouffée d’oxygène aux entreprises à forte valeur ajoutée.

(A suivre)

1 COMMENTAIRE

  1. Depuis notre révolution à ce jour, seules les banques et les institutions financières font des Bénéfices « Colossaux » au détriment du développement économique du pays et n’ont participé à aucun effort de redressement ENCORE MOINS de sacrifice c’est même le contraire: aux premiers jours de notre révolution, elles n’ont pas « préservé » notre monnaie, au contraire,elles ont FACILITE LA FUITE DES CAPITAUX ET LES RETRAITS MASSIFS DE LIQUIDITÉS (plus de 500 Millions de dinars les premiers jours de janvier 2011) sans parler des FUITES DE DEVISES. Tous ces agissements ont PROVOQUE un PRÉJUDICE Néfaste et Catastrophique sur l’équilibre financier du pays, sur notre Souveraineté Monétaire, sur le marché monétaire, sur l’inflation ayant pour conséquence une Dégringolade du dinar et la Spéculation monétaire à Outrance ?!! il est Grand temps d’OUVRIR CE DOSSIER et à chacun d’assumer ses agissements et ses responsabilités de devoir et de droit. Il va de soit de NE PAS OUBLIER LA TRÈS HAUTE TRAHISON des députés de l’ARP en 2014 et leur vote pour l’indépendance de la BCT APPORTANT LE COUP DE GRACE A NOTRE ECONOMIE. J’appelle LE PRÉSIDENT K. Saied à présenter LE PLUS VITE POSSIBLE, à la nouvelle ARP LE PROJET DE LOI POUR ABROGER L’indépendance de NOTRE BCT et son RETOUR AU BERCAIL. A BON ENTENDEUR . . . !!!

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