Conflit israélo-arabe: la guerre israélo-libanaise n’aura pas lieu

guerre israélo-libanaise-min

Les Libanais ont eu chaud dimanche 1er septembre. Les souvenirs cauchemardesques de la guerre destructrice (12 juillet-14 août 2006) ont refait surface et des centaines d’habitants du sud ont pris préventivement la route du nord.

Tout a commencé il y a deux semaines quand Israël envoya ses bombardiers lancer leurs bombes sur une cible près de Damas. Il se vanta alors d’avoir détruit un camp militaire iranien, ce qui était faux. L’agresseur israélien a en fait détruit une maison où se reposaient des soldats de Hezbollah dont deux étaient morts dans l’attaque.

Une semaine plus tard, Netanyahu envoya deux drones survoler le sud Liban. L’un d’eux était piégé et s’écrasa une un bâtiment appartenant au Hezbollah, causant de gros dégâts, l’autre fut descendu et récupéré intact par les combattants de l’Organisation chiite.

C’en était trop pour le Hezbollah. Dans un discours prononcé dimanche 25 août, Hassan Nasrallah affirma que non seulement ces deux attaques ne resteront pas impunies, mais que les drones israéliens qui sillonnaient en toute liberté le ciel libanais pendant des années, ne seront plus en sécurité.

Tout drone qui traverse la frontière israélo-libanaise sera détruit. « Cette fois, nous répondrons aux agressions israéliennes en temps voulu. Que les choses soient claires, à partir de maintenant, à toute attaque israélienne sur le territoire libanais répondra une attaque du Hezbollah sur le territoire israélien. Le temps des agressions israéliennes impunies est révolu. »

Le mensonge de Netanyahu

Sitôt dit, sitôt fait. Dimanche 1er septembre, des roquettes de Hezbollah explosèrent sur la base militaire israélienne d’Avivim, détruisant un tank et tuant ses occupants. Selon des médias israéliens, aussitôt après l’attaque, des hélicoptères ont transporté les victimes à l’hôpital de Safed, la ville la plus proche du lieu de l’attaque. L’information a embarrassé Netanyahu et ses collaborateurs, mais ne les a pas empêchés de mentir effrontément : « Nous avons subi une attaque terroriste, mais nous ne déplorons ni morts ni blessés. »

Israël a certes répliqué en lançant des bombes sur un ou deux villages du sud-Liban, mais l’affaire a vite été circonscrite au grand soulagement des Libanais, mais aussi des Israéliens du nord qui ont pu passer la nuit chez eux et non dans les abris souterrains où ils s’étaient terrés pendant des heures.

Selon la presse internationale, le Chef du gouvernement libanais, Saad Hariri, a contacté dimanche après midi les chefs des diplomaties américaine et française pour demander leur intervention auprès de Netanyahu de manière à ce que les échanges de tirs entre Israël et Hezbollah ne débouchent pas sur une guerre.

On ne sait pas si Paris et Washington ont joué un rôle quelconque dans le désamorçage de la crise, mais ce qui certain, même si personne n’a contacté Netanyahu pour le calmer, la crise se serait estompée d’elle-même. Le calme serait quand même revenu sur la frontière israélo-libanaise pour une raison très simple : personne ne veut de la guerre parce qu’elle n’est dans l’intérêt de personne.

Elle n’est pas dans l’intérêt de Netanyahu pour qui les élections législatives du 17 septembre sont de la plus haute importance. Il faut absolument qu’il les remporte et qu’il puisse former un gouvernement. En cas d’échec, c’est la prison qui l’attend compte tenu de l’épaisseur des dossiers de corruption entre les mains de la justice.

Seule la victoire le 17 septembre lui permettra de s’assurer une immunité et de bénéficier d’un répit supplémentaire de quelques années.

Or, la meilleure manière de perdre les élections, c’est une guerre avec son lot de soldats morts et de destructions que causeraient les roquettes et les fusées de Hezbollah.

Et Netanyahu sait pertinemment que l’arsenal du parti chiite libanais se compte en dizaines de milliers sinon en centaines de milliers de roquettes et de fusées de la dernière génération.

La crise rapidement désamorcée

De son côté, Hassan Nasrallah ne veut pas de guerre, car il sait pertinemment lui aussi qu’elle sera destructrice pour le Liban et extrêmement coûteuse en infrastructures et en vies humaines. Il sait également que si en 2006, le Hezbollah avait pu prendre en charge les frais de reconstruction, il lui serait difficile de faire la même chose après une éventuelle guerre en 2019. L’Iran, sa principale source de financement, ployant lui-même sous une crise financière aiguë causée par les sanctions étouffantes que lui inflige Donald Trump.

Les grandes puissances de leur côté (Etats-Unis, Russie, France Grande Bretagne), ne veulent pas d’une guerre entre le Liban et Israël. Compte tenu du feu qui consume la région depuis 2011, tout le monde sait que si elle se déclenchait, elle dépasserait vite son cadre initial, impliquerait forcément d’autres acteurs et personne ne saurait ni quand ni comment elle se terminerait.

C’est pour toutes ces raisons que la crise subite déclenchée par les roquettes de Hezbollah sur la base militaire israélienne d’Avivim a été désamorcée après quelques heures.

Elle a tout de même permis aux deux principaux protagonistes, Nasrallah et Netanyahu, de sauver chacun sa face.

Le premier en tenant parole et de répondre aux attaques israéliennes, le second en bombardant un ou deux villages au sud-Liban sans causer de dégâts.

Reste à savoir si Israël va changer de conduite et cesser ses violations quotidiennes du ciel et de la souveraineté du Liban.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here