La Tunisie de plus en plus dépendante des importations énergétiques, selon un récent rapport de l’ETAP

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Le taux d’indépendance énergétique qui représente le ratio des ressources disponibles en énergie primaire par rapport à la consommation, se détériore. Il passe de 95% en 2010, à 51% en 2017 et à 48% en 2018. C’est ce qu’indique l’Entreprise Tunisienne d’Activité Pétrolière (ETAP), concernant notamment les importations énergétiques. Et ce, dans son rapport annuel 2018, publié récemment.

L’aggravation du déficit énergétique s’explique par la baisse des ressources disponibles en énergie primaire de 4,6% (pétrole & condensat -1,8%, GPL -7% et gaz naturel -6,4%), d’une part. Et la hausse de la consommation d’énergie primaire de 1,4% (gaz naturel +3% et produits pétroliers -0,2%), d’autre part, apprend-on du même rapport sur les importations énergétiques.

La part du déficit énergétique par rapport au déficit commercial du pays passe de 5,8% en 2010 à 32,4% au cours de l’année 2018. Ceci peut affecter la balance des paiements. Et par conséquent les avoirs en devises et la valeur de la monnaie tunisienne.

Par ailleurs, la subvention énergétique ne cesse de grimper au cours de la présente décennie. Cette subvention a été multipliée par 5 en 2018 par rapport à 2010. Elle voit sa part dans la subvention totale augmenter de 37% en 2010. Puis à 55% en 2018, avec un pic pour l’année 2013 de 68%.

En outre, L’ETAP reconnait que la subvention énergétique s’effectue au dépend des subventions plus urgentes (santé, produits de base, etc.) ou des dépenses de développement régional, d’investissement public et d’emploi. Alors qu’elle ne bénéficie aux couches nécessiteuses qu’à raison de moins de 20%.

Face à cette situation, les auteurs du rapport estiment que les remèdes classiques adoptés pour atténuer ce déficit se sont avérés  inefficaces. Ainsi, les augmentations successives des prix (carburant, électricité, etc.), sont plutôt des sources de troubles sociaux qui peuvent affecter la paix sociale.

Enfin, il en découle que la maîtrise du déficit énergétique devient, selon le rapport, une nécessité plutôt qu’un choix. Ceci n’est possible qu’à travers la détection de son ampleur ainsi que de ses origines.  Et l’apport de solutions appropriées.

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