La BERD valide la stratégie de la Tunisie jusqu’à 2023

BERD Tunisie L'Economiste Maghrébin

La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) vient de valider la stratégie de la Tunisie pour les années à venir.

Le bailleur de fonds s’est montré positif quant à sa coopération avec le berceau du printemps arabe.

BERD – Tunisie : un soutien considérable

Le portefeuille des investissements de la BERD en Tunisie s’élève à 732 millions d’euros. Les fonds propres représentent 9% répartis sur 33 projets. Une partie significative est orientée vers des actifs qui génèrent des revenus (321 millions d’euros).

L’infrastructure et les institutions financières demeurent les secteurs les plus attractifs pour le bailleur de fonds. Ils sont suivis par l’industrie et l’énergie. Le secteur privé s’est accaparé 62% de ces investissements. Les projets en cours se chiffrent à 594 millions d’euros, ce qui montre que le rythme de l’intervention de la banque s’est intensifié durant les dernières années.

Portefeuille BERD Tunisie

 

 

15 lignes de financement d’une valeur de 210 millions d’euros

Mais l’apport de la banque ne s’arrête pas là. Depuis 2013, elle a mis à la disposition des PME tunisiennes 15 lignes de financement d’une valeur de 210 millions d’euros. Ces ressources ont été distribuées via les banques, les compagnies de leasing et les institutions de microfinance.

Les compagnies de factoring ont également reçu des financements, outre que l’injection de 50 millions d’euros dans 4 fonds de private equity : AfricInvest, Mediterrania Capital, Abraaj et Capital North Africa Venture.

La BERD s’est intéressée à la compétitivité de certains secteurs clés, comme l’huile d’olive, les industries aérospatiale et automobile. Elle a contribué activement au financement de l’internationalisation de Vermeg, du développement de Hikma Pharmaceuticals et d’Abraaj dans la santé.

Au niveau technique, la BERD a assisté à la construction de la courbe des taux. De même qu’elle a lancé une revue approfondie de la réglementation du marché financier. Sans oublier la mise à niveau de Tunisie clearing.

Ce soutien a même concerné la BCT, en étroite coopération avec le FMI. Et ce, pour la modernisation de l’arsenal réglementaire et la création du fonds de garantie des dépôts bancaires et la restructuration des banques publiques.

Avec le Gouvernement, le bailleur de fonds a assisté à l’implantation du système d’achat public en ligne TUNEPS. Aussi, elle a financé la STEG pour élargir son réseau de distribution.

Les résultats pouvaient être meilleurs

Mais ces interventions ont rencontré pas mal de difficultés. Le rapport mentionne l’absence de consensus national et le faible rythme des réformes dans le pays. Il y a également le défi sécuritaire, le manque de volonté politique pour lancer les grands projets énergétiques dans le cadre du PPP. Il en est de même de la quasi-absence de vraies sociétés privées bancables. Par conséquent, il en résulte une forte concurrence sur quelques emprunteurs sérieux.

Ce qui est sûr, c’est que la banque européenne continuera à assister la Tunisie comme étant une destination d’investissement attractive. Notamment dans certains secteurs comme l’industrie mécanique, l’agroalimentaire et le pharmaceutique.

Le rapport fait référence au 2018 à Bloomberg Innovation Index qui classe la Tunisie en 43ème position parmi 80 pays. Faisant ainsi d’elle la destination africaine et arabe la plus innovante. Le travail continuera également avec la BCT pour faciliter l’accès au crédit pour les PME et les sociétés non-exportatrices.

Les chantiers à venir

  • D’ici 2023, l’intervention de la BERD visera à :
  • Améliorer la compétitivité du pays en encourageant l’ouverture sur de nouveaux marchés et le perfectionnement de la gouvernance. Cela devrait aboutir à plus d’activités à forte valeur ajoutée, plus de concurrence au sein de l’économie et plus de contribution du secteur privé dans des secteurs dominés actuellement par l’Etat;
  • Renforcer l’intégration de la femme et des jeunes résidents dans les régions défavorisées dans l’économie à travers l’engagement du secteur privé. Cela passe par la promotion de l’entrepreneuriat, la réduction des disparités régionales en termes d’accès à l’emploi, aux services financiers et la promotion de l’égalité homme – femme,
  • Soutenir la résilience des établissements de crédits et élargir l’accès au financement. Le marché financier devrait jouer un rôle plus important dans le financement à long-terme de l’économie,
  • Aider la Tunisie dans la transition vers une économie plus verte, avec plus de réduction de Carbonne, un mix énergétique plus diversifié et plus d’implication du secteur privé.

Il y a donc de vraies opportunités à saisir. Il ne manque que les projets.

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