Au-delà du budget 2018

crise économique

“ La révolution ne supprime pas les privilèges. Elle se borne à changer les privilégiés” (Philippe Bouvard).

La discussion du budget 2018 repose sur la problématique des relations entre le gouvernement et les citoyens. Les annonces d’augmentations de taxes suscitent l’inquiétude générale.  Question complexe et paradoxale, le pouvoir doit se placer dans l’action de l’urgence, de l’immédiat et du temps long. D’ailleurs, dans la « société de statuts » post-révolution, le régime privilégie les insiders.

Ce qui expliquerait les promotions rapides, les blocages de certains hommes d’affaires, accusés d’être plus ou moins proches de l’ancien régime et l’affaiblissement de la classe moyenne. Les rêves des acteurs de la révolution, les jeunes qui dénonçaient le chômage, la précarité et l’indifférence gouvernementale se heurtent à un sentiment d’impuissance.  La prise de distance de l’Utica, de l’accord de Carthage, conforte ce sentiment.

Face au défi de l’impossible rassemblement, les partis campent sur un espace politique restreint.  Leurs discours ne séduisent guère grand monde. La guerre des ralliements n’intéresse que les états-majors des partis et non leurs assises. Le quotidien, le pouvoir d’achat transgressent la question identitaire.

«La société au miroir des médias», dit-on volontiers. De fait, l’expression des sensibilités politiques est souvent perçue comme une compétition entre les candidats aux charges.  Des querelles de politiciens, disent des auditeurs.

Le gouvernement a bien gagné le pari sécuritaire. Il corrige la politique étrangère partisane d’antan et tente de remettre le pays au travail. Son diagnostic actuel semble sous-estimer l’impatience du peuple. D’autre part, le panier de la ménagère constitue le questionnement central.

Fait évident, les défis sont d’envergure et nécessitent beaucoup de compréhension.

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Professeur émérite d’histoire contemporaine, Université de Tunis 1, doctorat d'Etat es-Lettres, Paris-Sorbonne IV (1981). ), Docteur Honoris causa de l'Université de Montpellier -Paul Valéry (France, 1996). Prix National des Lettres et Sciences Humaines (Tunisie, 1997), ancien président de l’Association des Etudes Internationales.

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