PLF 2018 : les concessionnaires et constructeurs automobiles furieux !

Marché automobile L'Economiste Maghrébin

La Chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobiles a manifesté jeudi son mécontentement quant aux nouvelles dispositions prévues par le PLF 2018 relatives à leur activité.

Dans son communiqué, la Chambre a rappelé que l’activité de distribution des matériels roulants importés ou fabriqués localement connaît depuis début 2017 un recul sous le double effet des restrictions quantitatives à l’importation, à travers le contingentement des importations,  décidées par le ministère du Commerce et de la dépréciation continue du dinar face à l’euro et au dollar, ce qui a entraîné une hausse moyenne des prix à la vente de 26% face à l’euro et de 22% par rapport au dollar entre 2016 et 2017.

« Cette situation a engendré une double frustration pour les consommateurs : ceux qui disposent encore de moyens financiers voient leur demande  insatisfaite à cause de la pénurie régulière des véhicules due à ces restrictions quantitatives, et ceux dont la baisse du pouvoir d’achat ne leur permet plus d’accéder à l’achat de véhicules neufs vu les prix devenus prohibitifs« , lit-on dans un communiqué de la chambre.

« Pour l’année 2018, tout porte à croire que les deux facteurs sus-indiqués vont perdurer et seront aggravés par les nouvelles dispositions de la loi de finances 2018 qui prévoit une augmentation moyenne de 25% de la taxe à la consommation et de 10 à 15% des droits de douane frappant l’importation des voitures particulières et de véhicules utilitaires, des pièces de rechange et des composants destinés à l’industrie automobile locale, sans compter l’augmentation de 1% et de la TVA« , expliquent les concessionnaires automobiles.

Et d’ajouter qu’il faut aussi s’attendre à l’augmentation de la frustration des consommateurs et à une réduction dramatique de l’activité des anciens et nouveaux concessionnaires qui n’ont pas cessé ces dernières années d’investir et de créer des emplois tablant sur l’ouverture du marché et la réduction de la taxation sur la base des promesses des responsables.

Nouvelle pression fiscale

Les concessionnaires et constructeurs automobile regrettent aussi que « ces responsables continuent à considérer le matériel roulant comme un bien de luxe dont nous pouvons nous passer en cette période de crise, oubliant que l’essentiel des véhicules sont à usage professionnel ou servent pour les déplacements des ménages faute d’un service de transport en commun digne de ce nom. De même, ils persistent à considérer que la facture en devises pour l’importation de l’ensemble du matériel roulant est lourde pour la balance commerciale (environ 5% du total des importations y compris le marché parallèle) sans vouloir reconnaître que les exportations du secteur des industries mécanique et électrique représentent aujourd’hui environ 40% des exportations tunisiennes. Sans compter que les IME ont permis de créer entre 65000 et 70000 emplois auxquels s’ajoutent les 6000 à 7000 emplois de la distribution et la construction automobiles ».

A la suite de cette nouvelle pression fiscale, les concessionnaires réitèrent que la part revenant à l’Etat dans le prix d’un véhicule essence moyenne gamme passe à plus de 50% alors que celle revenant au concessionnaire est de l’ordre de 8 à 10%.

Les concessionnaires automobiles contestent notamment les dispositions prises dans le projet de la loi de finances 2018 qui accentuent le différentiel provoqué par le passage de 3 à 5 ans de l’ancienneté des véhicules importés dans le régime FCR .  Et de poursuivre que « les restrictions à l’importation imposées au marché officiel engendrent automatiquement une pénurie qui profite directement au marché parallèle qui a bénéficié au cours des dernières années de nouveaux avantages« .

La Chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobiles a réitéré sa position par rapport à l’octroi de l’avantage FCR en précisant qu’elle est en aucun cas contre ce privilège mais contre le commerce de cet avantage et tous les dangers y découlant.

La chambre considère enfin que ces mesures favorisent un marché désorganisé au détriment d’un marché organisé de plus de 35 concessionnaires et une dizaine de fabricants de matériels roulants.

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