Youssef Chahed : “Nous sommes un peuple libre dans un pays libre”

Ce n’est ni à l’ARP ni à la Kasbah que le Chef du gouvernement Youssef Chahed  a prononcé son discours, lors de la commémoration du 14 janvier 2011. Il a voulu que son message soit entendu par les jeunes étudiants de l’Institut préparatoire aux études scientifiques et techniques (IPEST) de Sidi Bou Saïd.

Trente-cinq minutes ont suffi au Chef du gouvernement pour délivrer son message dans la salle du martyr Hatem Ben Tahar. Après avoir dressé un diagnostic de la situation actuelle, il a rendu hommage aux martyrs, en déclarant:  “C’est grâce à ces hommes que nous sommes aujourd’hui en train de creuser les sillons du processus démocratique. Nous sommes l’unique pays à avoir réussi sa transition politique, avec une Constitution dont les textes de loi garantissent les libertés et les droits de chacun”. 

Il ajoute:  “Il faut que nous soyons fiers de ce que nous avons obtenu, à savoir la liberté d’expression, un des grands acquis de la révolution. Aujourd’hui, nous sommes un peuple libre dans un pays libre. Il est vrai que la réussite de la transition démocratique et politique ne peut occulter notre échec sur le plan économique et social. De ce fait, il y a urgence de déployer tous nos efforts vers la réussite de la transition économique.”.

Evoquant les événements récents où des protestations sociales ont eu lieu dans certaines régions, il a considéré que c’était légitime, en soulignant: “Depuis la mise en place du gouvernement d’union nationale, nous sommes ouverts au dialogue avec les citoyens. Et ce n’est que grâce au dialogue que nous pouvons surmonter les obstacles. Je dirais une chose : n’ayez pas peur des citoyens protestataires, bien au contraire soyez à leur écoute”.

Et de poursuivre: “Il n’est pas normal que six ans après la révolution le chômage persiste. Cela dit, pour le combattre, il va falloir booster l’économie”.

Le Chef du gouvernement  a sermonné, sans les nommer,  certaines personnalités politiques fortunées qui n’ont rien investi jusque-là et qui ne contribuent pas à l’effort d’investissement national.

Il ajoute qu’il est aussi inadmissible que de nos jours, il y ait encore des gens qui vivent  dans une habitation sommaire que ce soit à Jendouba ou au Kef. ” Il faut que ces habitations  disparaissent de notre paysage  et dès cette année “, a-t-il déclaré sur un ton ferme.

A propos de la corruption qui persiste depuis ces six dernières années, il la dénonce en tant qu’un grand fléau, que nous devons tous  combattre, a-t-il dit, tout en poursuivant: “Un peuple n’avance que s’il rêve debout. Il faut qu’il y ait du rêve tunisien  tout en relevant des défis économiques. Il faut avoir une parfaite conscience que sans dignité, sans emploi, nous ne pourrons pas faire de la croissance”.

Et d’ajouter: “C’est pour cela, que le gouvernement d’union nationale est un gouvernement de réformes et non celui de gestion des affaires courantes. Et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas réussi notre transition économique car ce qui manque ce sont bien les réformes”. En d’autres termes, l’emploi ne se crée qu’avec la croissance et l’investissement. Et avec la loi d’urgence économique qui est la priorité du gouvernement, “plusieurs projets verront le jour très prochainement dans l’ensemble du territoire tunisien”, a-t-il souligné.

Et au dernier volet, le retour des terroristes, qui a suscité un tollé auprès de l’opinion publique, la position du gouvernement est claire : “ Non au retour des terroristes”. Comme il a également répondu à  tous ceux qui évoquent déjà la loi de repentance, “elle ne figure pas dans notre vocabulaire, et il n’a été jamais question qu’on en parle”, a-t-il rétorqué. Comme il a également souligné qu’aucun accord n’a été signé concernant leur retour, tout en précisant: “Tout ce qui a été relayé par certains médias est totalement faux”

Il a conclu: “La Tunisie vit dans une démocratie et ces individus sont un danger pour la sécurité nationale.  Pour ceux qui seraient retournés, nous appliquerons avec fermeté la loi antiterroriste”.

Comme mot de la fin, il a adressé le message suivant  aux jeunes Tunisiens : “Nous devons donner un nouvel élan à la génération future.  Il est évident qu’on constate une faible participation des jeunes dans la vie associative ainsi que dans la vie politique. Si j’ai une chose à dire: n’ayez pas peur, ayez confiance en vous, ne soyez pas à l’écoute des discours populistes qui ne font pas avancer. Faites du bénévolat, participer à la vie politique et peu importe le parti que vous choisissez. Car dans toutes les démocraties du monde, les associations jouent un rôle déterminant. En somme, nous devons former une nouvelle génération de jeunes qui participent la vie politique et qui adoptent les  vraies valeurs de la démocratie”.

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