Le terrorisme, une maladie ?

terrorisme Ghannouchi

Pour le leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, le retour des terroristes en Tunisie devrait prévoir un certain nombre de mesures d’accompagnement.  Retour sur une déclaration tapageuse.

Alors qu’il était présent dans le gouvernorat de Kairouan pour assister à une réunion de son parti, Rached Ghannouchi est revenu sur le sujet du retour des terroristes, dans une  déclaration aux médias présents. «  Il faut prendre des mesures sécuritaires et judiciaires à leur encontre, tout en leur assurant une éducation culturelle et psychologique », recommande-t-il. A la lecture de cette déclaration et d’autres,  le chef du mouvement Ennahdha serait favorable au retour des terroristes car «  on ne peut pas imposer les terroristes à d’autres pays », selon lui.

Dans tous les cas, pour  Rached Ghannouchi il est inconcevable de déchoir un ressortissant tunisien, tout terroriste qu’il est, de sa nationalité, conformément à la Constitution tunisienne. Ainsi, toutes ses déclarations convergent vers la récupération des  terroristes.

D’ailleurs, il ne s’agit pas de la première déclaration tapageuse de R. Ghannouchi. Ses apparitions dans les divers médias sont parsemées de déclarations qui ont choqué l’opinion publique voire suscité l’indignation des uns et des autres.  En examinant ses anciennes déclarations, il s’avère qu’elles se rejoignent et constituent un seul courant d’idées.

Octobre 2012, une vidéo fuitée, mise en ligne sur les réseaux sociaux, déclenche une polémique : Rached Ghannouchi s’entretient avec un salafiste notoire et lui explique que «  ni l’armée nationale ni les forces de l’ordre ne sont garanties et que les laïcs sont plus nombreux que les islamistes », déclare-t-il et de recommander l’application de la politique des étapes afin d’accéder au pouvoir.

Pis encore, il ne se prive pas de faire l’éloge des salafiste un certain octobre 2013 : «  Ce sont nos enfants, ils me rappellent ma jeunesse et prônent une nouvelle culture », a-t-il dit, magnanime,  lors d’une interview sur la chaîne nationale tunisienne Al-Wataniya 1.

Octobre 2016, R. Ghannouchi présente Daech comme l’Islam en colère, dans une déclaration accordée au quotidien arabophone Al Qods Al-Arabi . Ainsi, à en croire Rached Ghannouchi, cette organisation terroriste ne serait autre qu’une facette de l’Islam. «  Celui qui est en colère peut agir comme s’il était fou », justifie-t-il.

A un moment où le ministre de l’Intérieur affirme que 800 terroristes sont de retour en Tunisie et que le ministère dispose de toutes les informations les concernant, le sujet acquiert une très haute importance et la vigilance est de mise, selon un certain nombre de spécialistes.

A la tolérance du mouvement Ennahdha avec le terrorisme, comme en témoignent les précédentes déclarations de son chef, s’opposent la fermeté et la rigueur du Font populaire. Zouhaier Hamdi, l’un des secrétaires généraux du Font populaire,  nous commente la déclaration de Rached Ghannouchi. Pour lui ce genre de déclaration affirme l’implication de l’islam politique avec le retour des terroristes. «  Je ne suis pas étonné d’entendre de tels propos de leur part  », affirme-t-il.


Selon lui, le retour des terroristes en Tunisie s’inscrit dans une autre optique, à savoir les changements géopolitiques dans le monde et dans les zones de conflit : «  La Tunisie, après avoir été une base pour envoyer les mercenaires et les terroristes vers la Libye,  l’Irak et la Syrie, voici qu’elle va se transformer en réceptacle pour rapatrier les terroristes après  leur échec », analyse-t-il. La loi antiterroriste doit être appliquée sans distinction à tous les terroristes de retour en Tunisie, ajoute-t-il. « La  fermeté et la  rigueur sont la seule ligne de conduite à adopter et il n’est pas question d’utiliser des termes comme la rédemption  avec des tueurs qui ont versé le sang sous d’autres cieux », conclut-il.

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