Maghreb : quel est le pays qui héberge le plus de milliardaires nationaux ?

Savez-vous à qui revient la palme du pays d’Afrique du Nord qui héberge le plus de millionnaires et de milliardaires nationaux ? Ce n’est ni l’Algérie, ni le Maroc, ni la Libye, ni encore moins la Mauritanie, mais bien la Tunisie figurez-vous.

Qui l’eût cru, alors que le rideau vient de tomber sur les travaux de la conférence internationale d’appui au développement économique, social et durable « Tunisia 2020 », avec 34 milliards de dinars dans la corbeille de la mariée ; pas assez ou trop peu, diront les plus sceptiques. Mais pourquoi tous ces Tunisiens pleins aux as se terrent-ils, alors que le pays n’a jamais eu autant besoin d’eux pour relancer une machine économique en manque d’argent et d’inspiration ?

Climat peu propice alors que l’on annonce une lutte sans merci contre la corruption ? Une véritable bouffée d’air pour le gouvernement Chahed que cette conférence des donateurs, même si on sait qu’elle sera de courte durée. On nous assure que contrairement au G8 de Deauville et à la conférence de Tunis « Invest in Tunisia : Start-up democraty », il y aura bien cette fois-ci du concret, accords signés et promesses de dons à l’appui. On verra bien. Depuis quelques jours, et du fait des revers sévères subis dernièrement par Daech en Syrie et en Irak, on parle de plus en plus d’un retour très probable au pays de milliers de terroristes tunisiens, dont on ne sait pas exactement ce qu’on va en faire. Une hantise, qui fait perdre le sommeil à plus d’un.

Que vont en penser tous ceux qui sont venus à Tunis avec les meilleures intentions du monde ?

Aussi bien à Carthage, à la Kasbah ou au sein de l’opinion, on ne veut pas se poser trop de questions, on préfère rêver sans se faire beaucoup d’illusions. C’est au moins ça, même si on sait que le pactole annoncé peut parfaitement se noyer en cours de route dans les méandres de procédures qui peuvent durer des années. Et puis, les Tunisiens n’ont pas fini de s’interroger : qu’ont-ils gagné à être cités en exemple pour leur transition démocratique réussie ? A Tunis, des signaux forts ont été envoyés, et en retour, on attend logiquement un retour d’ascenseur.

C’est comme si on disait à l’adresse de tout le monde : et maintenant, vous faites quoi ? Cela dit, vous aurez sans doute remarqué le forcing plus qu’intéressé de Français et de Qataris venus en force et représentés au plus haut niveau : c’est normal, ils étaient là pour défendre leur pré carré tunisien. Un nouveau colonialisme qui ne dit pas son nom, ont vite crié certains rêveurs, comme si ce phénomène avait disparu !

Beaucoup d’Europe et si peu pour les autres continents, le rendez-vous de Tunis a finalement consacré encore une fois les partenariats traditionnels, et on ne peut que le regretter. Et si, en fin de compte, cette conférence de Tunis n’était qu’un simple mirage ? Une chose est sûre : M. Chahed et son gouvernement donnent des signes évidents d’essoufflement, témoins les reculades spectaculaires de ces dernières semaines sur nombre de questions sensibles, comme le secret bancaire ou la justice fiscale ; le Chef du gouvernement ferait-il du Essid sans Essid ?

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