Magistrature : le cri d’alarme de Raoudha Karafi

Raoudha Karafi, L'Economiste Maghrébin

L’Association des Magistrats Tunisiens (AMT) a organisé aujourd’hui une conférence à Tunis,et ce, pour présenter aux médias sa position quant aux critiques adressées aux magistrats du Tribunal de Sousse dans l’affaire Lotfi Naguedh. 

A cette occasion, la présidente de l’AMT,  Raoudha Karafi  a lancé un cri d’alarme quant aux critiques adressées aux magistrats du Tribunal de Sousse pour le verdict prononcé dans cette affaire comme étant une  campagne orchestrée contre le pouvoir judiciaire. “Il s’agit d’une atteinte à l’indépendance de la justice tunisienne par la pression politique et médiatique exercée sur les juges. L’AMT estime que ceux que qualifient les juges de corrompus, n’ont qu’un seul objectif : politiser l’affaire », a-t-elle précisé.

Et de poursuivre : « Accuser les juges de cette manière montre que le processus démocratique est encore plus fragile qu’on n’imagine. D’ailleurs, nous serons le 24 novembre pour apporter notre soutien aux juges du Tribunal de Sousse ».

La présidente de l’AMT a, sur un autre plan, regretté à cet égard l’absence d’indicateurs de performance et l’insuffisance du budget de la Justice proposé par le gouvernement. Lors de la conférence, les membres de l’association estiment que le budget est très faible et ne prend pas en considération les besoins financiers et administratifs de l’institution judiciaire.

Notons que le budget alloué au ministère de la Justice dans le projet de loi des Finances 2017 ne dépasse guère les 1.67% du budget de l’Etat, soit environ 542 millions de dinars. Notons que 4 millions de dinars seront consacrés aux centres de détention.

De son côté, Mme Aicha Ben Belhassen, magistrat à la Cour des comptes et membre du bureau exécutif de l’AMT, a fait savoir qu’ il  y a une forte pénurie au niveau des ressources humaines.

Selon elle, les budgets alloués sont insuffisants  pour la simple raison que les trois sections du pouvoir judiciaire ne pourront pas, en l’occurrence,  exercer leurs prérogatives, dans les meilleurs conditions.

Elle précise : “Cela dit, si on compare avec les autres pays démocratiques qui ont l’avantage d’avoir des statistiques de performance préétablies – ce qui est loin d’être notre cas – nous ne pourrons pas nous aligner sur les normes internationales ».

Elle conclut : « Pour réaliser de grandes avancées en matière d’indépendance de la justice, il faut une indépendance budgétaire. Mais il est clair que ce schéma est encore loin de la réalité”.

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