Entrepreneuriat : l’échec dans les régions n’est pas une fatalité

décentralisation L'Economiste Maghrébin

Et qui a dit qu’investir dans les régions rime avec échec ? Ce n’est pas aussi évident que cela. Le Forum de la Finance alternative qui s’est tenu aujourd’hui  sous le signe «  Comment accélérer le développement des entreprises dans les régions ? », organisé conjointement  par le Centre des Jeunes dirigeants d’entreprise (section de Tunis) et Carthage Business Angels a présenté des contre-exemples à cette idée reçue.

Trois exemples d’entreprise  dont les fondateurs ont misé sur l’investissement sur les régions et qui ont réussi. Ils étaient là pour parler de leurs expériences  et les difficultés qu’ils ont rencontrées devant un parterre de jeunes entrepreneurs, décideurs et économistes.

Trois exemples qui affirment que réussir dans les régions est possible

Jamel Aouididi,  chef d’entreprise d’ Emacer, basé à Tazarka dans le gouvernorat de Nabeul, spécialisé dans les frites de verre et émaux, d’un capital de 2.510.000 dinars.  Il a parlé des difficultés rencontrées par son entreprise à tel point qu’entre 2012 et 2014, l’entreprise a vu son nombre de personnel se réduire pour se stabiliser enfin à 39 personnes. Tout en considérant que le secteur de l’industrie est très important mais qu’il faut bien étudier le marché avant de se lancer et il n’a pas manqué de rappeler que dans les années 90 particulièrement le marché n’était pas facilement accessible  pour plusieurs raisons.

Il a également déclaré que certaines entreprises étrangères n’obéissent pas aux normes exigées dans le domaine de la  céramique et de l’émail, ce qui relève de la concurrence déloyale. Pour finir, il a exprimé sa gratitude à la Caisse des dépôts  et consignations qui n’a pas manqué de l’épauler quand il a eu des soucis d’ordre financier.

Pour ce qui est de la société Promax, entreprise spécialisée dans la construction des plaquettes de câble, le fondateur Brahim Chetouane  a affirmé que l’entreprise a bel et bien démarré depuis l’année 2009 et a connu des succès dans la région de Béjà. En outre,  il suggère que l’Etat tunisien doit défendre les produits tunisiens et devrait imposer des conditions pour l’accès des produits étrangers en Tunisie.

A ce propos, il a indiqué qu’au Maroc, la douane teste le produit dès sa réception, au moment du débarquement. S’il ne répond pas aux normes préétablies, il sera retourné à l’envoyeur ou détruit aux frais de son propriétaire.

Il a souligné que dans plusieurs régions, il a été confronté à la déficience de formation et à l’absence d’expérience. «  Actuellement nous voulons recruter un financier sur Béjà et on n’y arrive  pas », regrette-t-il

De son côté Sofiene Kalel, co-fondateur de SHAMS, entreprise spécialisée dans le photovoltaïque, installé  à Sbikha  dans le gouvernorat de  Kairouan, il a indiqué que son chemin a été long et pénible et  malgré tout il  a réussi à  monter son entreprise.

Il a recommandé aux jeunes entrepreneurs d’être persévérants et de s’armer de patience pour réussir. Il reconnait qu’on peut affronter plusieurs problèmes administratifs et des difficultés d’accéder aux moyens de financement. Toutefois,  la persévérance et l’habileté affichée dans la maîtrise du projet aident à convaincre les bailleurs de fonds.

Mais comment faire pour développer les entreprises dans les régions ?
Lors de son intervention,  le directeur de l´Agence de Promotion de l´Investissement Extérieur « FIPA-Tunisia » a indiqué que le code d’investissement contient plusieurs outils pour la promotion de l’investissement dans les régions et présente un certain nombre d’avantages à l’intention des investisseurs étrangers et tunisiens.

Cependant, il a formulé le souhait que d’ici quelques années on n’entendra plus parler du code d’investissement et que le taux d’imposition atteindra 15% dans toutes les régions. Cela promet que Kasserine sera aussi attractif que Tunis ! Dans  le même contexte, le directeur de la FIPA-Tunisia a affirmé que le code d’investissement prendra en considération la situation des jeunes start-up.

Pour Tarek Ben Salem, président du CJD Tunis, le problème majeur  auquel fait face l’investisseur dans les régions, c’est la complexité des procédures administratives, affirme-t-il. « Nous sommes installés sur 18 gouvernorats et nous connaissons  bien les difficultés dans les régions », assène-t-il. Par ailleurs, il a indiqué que la Tunisie a besoin d’un entrepreneuriat responsable.     

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