Emploi : là où le bât blesse

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L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) vient de publier la deuxième partie du Rapport national sur l’emploi 2016. Le bilan ne fait que confirmer encore une fois les chiffres alarmants et inquiétants à la fois publiés dans la première partie du rapport.

La conférence s’est tenue aujourd’hui, en présence de Sayida Ounissi, secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle, chargée de l’Initiative privée et plusieurs spécialistes en économie et en emploi.  Donnant le coup d’envoi, Faycel Derbel, porte-parole de l’IACE,  a rappelé que la Tunisie a perdu trois places dans le classement Davos. D’après lui,  cette dégradation est due, entre autres, à plusieurs raisons à l’instar de l’inadéquation entre les besoins de l’entreprise et la formation impartie par nos universités. De même, il a rappelé que la deuxième partie du rapport évolue dans le même esprit de la première partie.

Majdi Hassen, Conseiller exécutif de l’IACE,  est revenu sur les détails de l’étude. En effet, partant du même échantillon de la première partie, l’étude indique que plusieurs diplômés ne trouvent pas de postes d’emploi dans leurs gouvernorats d’origine.  En effet,  d’après l’intervenant, quand un étudiant obtient son diplôme et envisage de regagner sa ville natale pour y travailler, il ne trouve pas  d’emploi. Et pour cause :  l’absence d’infrastructures et  d’entreprises spécialisées.  En somme, l’étude avance que l’université tunisienne n’est pas assez ouverte sur son environnement local.

Cependant, les chiffres demeurent les mêmes en ce qui concerne les nombreux postes vacants à pourvoir à cause de l’inadéquation maintes fois signalée entre les besoins de l’entreprise et la formation que fournit l’université. L’étude précise en outre que 90% des mouvements sociaux sont causés par le chômage.

Sayida Ounissi, quant à elle,  a affirmé que  » le plus important dans l’étude en question c’est le fait qu’elle affirme encore une fois la dichotomie qui existe entre  les besoins de l’entreprise et la formation universitaire ». Dans ce sens, elle a indiqué que le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle ne manquera pas de veiller à la qualité des mécanismes pour l’emploi des jeunes.

Interpellé par la même occasion par leconomistemaghrebin.com au sujet des décisions annoncées par le Chef du gouvernement, Majdi Hassen, conseiller exécutif à l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), s’est contenté de dire : «  L’essentiel est que l’Etat  mette effectivement en pratique les idées qu’il avance. », commente-t-il dans une brève déclaration.

Il est à rappeler que l’IACE  n’a pas cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique du pays  à travers plusieurs rapports et études. Notons que la dernière étude porte sur l’emploi en Tunisie.  À travers les deux parties de cette étude, il est encore une fois question de disparités régionales de l’emploi,  de l’inadéquation entre formation universitaire et besoins de l’entreprise.

Le Professeur Salah Benabdallah, directeur de  Tunis Business School, a, quant à  lui, estimé, que l’emploi n’est pas, semble-t-il, une des priorités du gouvernement actuel.

Pr Benabdallah considère qu’à partir du moment où le sujet de l’emploi n’est pas récurrent dans  les conseils ministériels, cela amène à dire qu’il n’est pas une priorité pour ce gouvernement.

Il estime, en effet, qu’il ne suffit pas de prendre quelques mesurettes pour résoudre la problématique de l’emploi. «  Car c’est un problème complexe, il faut une stratégie globale et un suivi constant des remèdes appliqués »,  dit-il.  Dans le même contexte, il a considéré que c’est également un problème de mentalité étant donné que les jeunes tendent à vouloir se procurer un emploi dans la fonction publique plutôt que dans le secteur privé.
Il a appelé les responsables du gouvernement à revoir les anciennes études affirmant : « Il est grand temps de revoir le rôle exact du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle « .  Le directeur de Tunis Business School  renchérit  :  » Un mur sépare le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Emploi et de la Formation professionnelle, il faut le détruire pour qu’ils communiquent « .  Avant de préciser que la coopération entre les deux ministères permettra de connaître le nombre de chômeurs ainsi que les filières qui génèrent plus de chômeurs.

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