Ennahdha : « Nous ne sommes plus un parti idéologique, nous sommes un parti ‘programmatique' »

Coup d’envoi du 10ème  congrès du mouvement Ennahdha, vendredi  20 mai pour s’achever dimanche 22 mai.

Né dans les années 70, le mouvement Ennahdha, plus connu comme étant un parti religieux, est entré en politique au début des années 80. Mais voilà, trente ans plus tard, le mouvement se présente sous un nouveau visage, à savoir celui d’un parti politique. Cela signifie-t-il qu’il va prendre ses distances de la religion pour se consacrer entièrement à la politique ?

Devant un parterre de nombreuses personnalités nationales et d’invités de marque présents lors de la cérémonie d’ouverture de ce 10 ème congrès, le Président de la République Béji Caïd Essebsi a déclaré: “En tant que Président, j’étais indécis si j’allais venir ou pas. Il faut  se le dire, on compte aujourd’hui 204 partis, et je ne pense  pas pouvoir assister à tous leurs congrès. Et malgré cela, j’ai tenu à être présent. Ma présence prouve, une fois de plus, que les Tunisiens sont capables de cohabiter ensemble. J’ajouterais qu’Ennahdha est devenu un parti nationaliste et démocrate. Quant au courant islamique, il  ne représente pas un danger pour la démocratie”.

Abordant la question du discours du Président de la République, Rached Ghanouchi, le chef du mouvement, a indiqué: “L’intervention du Président de la République est une prise de position courageuse et ceci depuis fort longtemps.  Sa présence aujourd’hui est  un message clair aux Tunisiens, de ne pas avoir peur d’Ennahdha, et qu’il n’y a aucune contradiction entre l’islam et la démocratie, encore moins de conflits idéologiques”.

En parlant de la crise économique que traverse le pays, il a déclaré : “ Nous avons une administration lourde qui  a besoin d’un coup de neuf. Espérons voir un jour une administration zéro papier, une économie numérique”.

Qu’en est-il du nouveau visage d’Ennahdha?

Slim BESBES, député du mouvement Ennahdha, a de son côté déclaré : “Nous allons vivre une nouvelle étape : élire un nouveau président, plus de transparence et d’efficacité. Mais ce qui est important c’est que le contenu du congrès oeuvre sur  les principales résolutions: modernisation,  structuration du parti, en particulier, une action politique qui dissipe  toute ambiguïté et toute confusion”.

Il est question de séparer le religieux du politique, c’est une étape décisive pour le mouvement. C’est ce qu’a fait savoir Rafik ABSESSALEM, membre du mouvement. Il ajoute: “La Tunisie traverse une nouvelle étape de démocratie et nous voulons instaurer un Etat de droit, démocratique  autour d’un large consensus”.

40 ans après, quel bilan ?

De son côté, Zied LAADHERI  a souligné qu’il faut s’arrêter sur le bilan entre ce qu’a réalisé le mouvement de positif et  sa contribution au  processus de transition démocratique. Il faut regarder vers l’avenir, de quelle  manière  Ennahdha peut-il répondre aux attentes des Tunisiens. On n’est plus un parti idéologique, on est un parti programmatique, l’essentiel est que nous soyons dans un climat démocratique, ouvert, pour permettre à un plus grand nombre de choisir entre différents courants politiques. En fait, il faut que la compétition entre eux se fasse sur la capacité  à résoudre les problèmes des Tunisiens sur le plan  économique et social. Ce qui va permettre à la Tunisie de consolider sa transition démocratique”, a-t-il dit.

Lors du congrès, il est question d’aborder différents sujets, politique, économique et social, comment répondre aux défis sécuritaires, géo-stratégique.

Quel regard porte l’extérieur?

S.E. François Gouyette, ambassadeur de France en Tunisie, a déclaré: “ J’ai considéré effectivement que c’est un événement important qui marque une étape nouvelle quant à l’évolution du parti mais aussi pour la transition démocratique tunisienne que la France a soutenue. Ce parti s’inscrit pleinement dans le cas de l’apport civil qui est nécessaire pour renforcer  l’unité nationale dont le pays a besoin. D’ailleurs comme l’ a indiqué leur président Rached Ghannouchi, dans son discours, puisque c’est maintenant  une force politique qui coopère avec d’autres forces politiques au sein de la coalition parlementaire, du gouvernement et de l’ARP, il sera aussi important de suivre les débats qui vont avoir lieu, quelles vont être les résolutions prises”.

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