Moez Joudi : « Le sondage d’Emrhod Consulting ne signifie pas grand-chose »

On relève actuellement un paradoxe entre une situation économique  qui se dégrade et les Tunisiens qui se montrent optimistes. Telle est l’étude menée par le cabinet Emrhod Consulting. Mais la grande inconnue demeure le paradoxe entre l’optimisme des Tunisiens et le climat économique instable.

Pour rappel, en réponse à la question: “Pensez-vous que la situation économique est en train de s’améliorer ou de se dégrader?”, 49.40% estiment que la situation est e en train de se dégrader en avril 2016 contre 57.8% en février et 52.2% en novembre 2015. 70.8% des sondés se déclarent optimistes pour les prochains jours contre 67.7% en février et 73.9% en décembre 2015.

Pour mieux comprendre ce sondage, joint par téléphone, Moez Joudi, président de l’Association tunisienne de gouvernance, estime que ce sondage ne signifie pas grand-chose.

Il déclare: “Il permet seulement de déterminer les tendances de l’opinion publique. Personnellement, je ne trouve pas qu’il s’agit d’un outil d’analyse économique. Or en économie, on doit se baser sur des indicateurs, sur des analyses et sur des chiffres. Et puis la vision de l’être humain est de nature optimiste.”

Il ajoute: “Cependant, on ne peut pas avoir une majorité de personnes pessimistes, dans ce cas de figure autant arrêter de vivre, même si l’être humain ne veut rien laisser paraître de ses sentiments, car il a cette envie d’aller de l’avant et de positiver. Et puis il se dit que les choses vont certainement s’améliorer. Mais j’ajouterais qu’on ne peut pas exprimer un jugement à partir d’un  sondage, il  faut qu’il y ait une analyse claire, sur le moyen et le long terme.”

Qu’en est-il de la réalité?

Les indicateurs économiques sont quasi nuls, la croissance tend vers zéro, le déficit budgétaire se creuse de plus en plus, mais ce qui est d’autant plus préoccupant c’est l’endettement extérieur qui reste élevé. Aujourd’hui, le taux d’endettement a atteint les 70% au bout d’un an et demi, alors qu’à la fin 2010, on était à 32%. Bien que récemment les indicateurs de la Banque centrale aient montré quelques améliorations, la situation économique demeure chaotique. Même si en partie l’exportation de l’huile d’olive a pu nous sauver ces deux dernières années, beaucoup reste à faire.

Il conclut: “Aujourd’hui, la question qu’on devrait se poser c’est « Où réside le problème? ». Entre le manque de confiance et le manque de stabilité, ce sont des menaces qui détériorent le climat des affaires. Ce qui impactera négativement l’investissement qui est le principal moteur de croissance.”

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