Le Code des investissements sous la loupe des jeunes dirigeants

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« Moins d’autorisations, de bureaucratie et d’impôts, plus d’incitations et d’encouragements », telles sont les principales attentes des jeunes dirigeants d’entreprises  concernant le projet du nouveau code des investissements.

Si les choses vont comme il faut, « le projet du nouveau Code des investissements sera présenté pour discussion et adoption à l’Assemblée des représentants du peuple ( ARP ) au mois de mars prochain », c’est qu’a annoncé aujourd’hui Yassin Brahim, ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale, lors d’une conférence-débat organisé par le Centre des jeunes dirigeants ( CJD ) sur ce projet.

Les jeunes dirigeants face au mur des autorisations

Un constat triste : beaucoup d’entreprises meurent à cause de la longueur du cycle de la création. Soupçonné de manque d’audace par certains, le nouveau projet est censé accélérer le processus d’octroi des primes, notamment pour ceux qui veulent investir dans les régions intérieures dites aussi zones de développement régional.

Le contrôle de la réalisation des projets estimé entre trois à quatre ans et l’accélération des délais pour l’octroi des autorisations sera, selon le ministre, assuré par la création de l’Instance nationale de l’investissement prévue par le nouveau code.

Dans le même sillage, les jeunes dirigeants se sont interrogés sur la modalité d’application des textes liés au raccourcissement des délais d’obtention des autorisations nécessaires pour le démarrage des projets. « Comment cela va se passer dans le détail ? », s’est interrogé Anis Abid, un expert comptable.

Selon le ministre, la liasse unique servira d’intermédiaire entre l’instance et les différents départements publics, institutions d’appui à l’investissement… Et d’ajouter que la démarché adoptée lors de la préparation du nouveau code consiste à fixer de manière claire les délais et le processus à adopter pour chaque activité, et ce, à travers un décret lié aux autorisations.

« On est dans une crise de confiance. Il faut moins d’autorisations. Les retards sont à 50% dûs au manque de moyens. Il y a un manque de ressources humaines dans les régions », a reconnu le ministre.

Les grandes surfaces, le fonds des régions, le code de change…

Interpellé sur l’impact de l’implantation dans les régions intérieures des grandes surfaces sur les petits commerces, M. Brahim a assuré qu’il y aura des centres commerciaux de moyenne surface et qui ne représenteront pas plus de 25% des commerces globaux dans le pays.

S’agissant du Fonds des régions, le ministre a précisé que cet instrument de l’Etat est prévu pour l’investissement. « Le paiement se fera par le fonds. L’Etat peut entrer dans le capital à travers des fonds d’amorçage et peut aussi aider les institutions de crédit et de financement et même leur donner des garanties », a précisé M. Brahim.

Yassin Gara, expert comptable a, pour sa part, estimé que le nouveau code dans son article 24 contient une discrimination entre les investisseurs tunisiens et étrangers. Sur ce point, le ministre est resté ferme et clair : « Les incitations et les avantages accordés aux étrangers profitent aussi aux investisseurs tunisiens », a-t-il précisé.

Bref, ce n’est pas le nouveau code qui va résoudre à lui seul tous les problèmes. Tant attendu et ayant excellé dans l’art de jongler avec les textes, ce nouveau code intervient pour améliorer le climat des affaires et le cadre incitatif de l’investissement en Tunisie.

Certes, le nouveau code d’investissement n’est pas destiné seulement aux investisseurs étrangers. Sur ce point, le ministère devrait communiquer davantage sur les différents textes de ce nouveau code pour faire face à la crise de confiance évoquée par le ministre lui-même.

Mais la responsabilité revient aussi aux jeunes dirigeants qui devraient, eux aussi, contribuer à la transformation du pays qui a besoin de leur énergie et de leur détermination.

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