ATFD : la parité, priorité des femmes démocrates

Monia Ben Jemia vient d’être élue présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates ( ATFD ) et ce suite au 11ème congrès de l’association tenu le 24 janvier. A peine élue, la féministe connaît très bien ses priorités.

DSC_0193« Halte aux violations de nos libertés, concrétisons l’égalité » le congrès s’est déroulé sous ce signe-là et les priorités de la nouvelle présidente tourne autour de ce slogan.

Elle a affirmé que parmi les priorités de l’association, il y a dans la prochaine étape le fait de rendre la liberté, qui a été consacrée dans la Constitution tunisienne, effective notamment à travers les articles 21 et 46. « Nous allons continuer à militer pour rendre effectifs les droits politiques, notamment la parité horizontale et la parité verticale dans le projet de loi », indique-t-elle.

L’égalité demeure aussi, l’une des priorités de l’association. La nouvelle présidente affirme que l’association œuvrera pour la concrétiser, notamment dans les milieux professionnels. Notre interlocutrice a rappelé que l’année 2016 sera celle du 61ème anniversaire du Code du statut personnel. Monia Ben Jemia a affirmé cependant que malgré les progrès enregistrés par la publication de ce code, il reste à améliorer. « Aujourd’hui le code de statut personnel est la législation où il y a le plus d’inégalité entre les hommes les femmes : d’abord au niveau de la tutelle, la femme n’a pas de grands pouvoirs et ne prend pas les grandes décisions, ensuite par rapport à l’inégalité dans l’héritage étant donné que l’homme a le droit au double de l’héritage par rapport à sa sœur ». Et de continuer : « S’il n’ y a pas d’égalité dans la famille, il n’y a pas d’égalité dans la sphère publique », indique-t-elle.

Répondant à une question relative aux raisons pour lesquelles la parité et l’égalité n’ont pas été appliquées cinq ans après la révolution, Monia Ben Jemia a pointé du doigt, la mentalité patriarcale : « Les politiciens disent que pour désigner une femme comme ministre il faut qu’elle soit compétente, tout en présumant l’incompétence, or nous le savons le nombre de femmes diplômées dépasse de loin le nombre des hommes diplômés ».

En ce qui concerne la violence contre les femmes , Monia Ben Jemia a indiqué que l’association envisage de faire pression pour l’adoption et la promulgation de la loi globale de lutte contre la violence faite aux femmes, tout en rappelant que ce projet de loi est encore à l’étape de la rédaction et que la ministre de la Femme, de la famille et de l’enfance avait déclaré que ce projet serait prêt au 26 janvier.

D’ailleurs, il est prévu que l’association entame un travail de mobilisation et de plaidoyer pour toutes ces revendications (mettre fin à la violence dans la famille et dans le couple, à la violence sexuelle…). Il faut que « la promulgation de la loi globale contre la violence prenne en considération les revendications de la société civile : tel est est notre objectif », dit-t-elle.

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