Tunisie : l’endettement est une nécessité et non un choix

Front populaire

Lors de sa rencontre, hier, avec les membres de la commission des finances, de la planification et du développement relevant de l’Assemblée des représentants du peuple  (ARP ), Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie ( BCT ), a annoncé que les réserves en devises sont de l’ordre de 127 jours d’importations en décembre 2015.

Au plan de l’endettement, le gouverneur a appelé à mettre fin à la diabolisation des dettes extérieures, assurant que l’Etat aura toujours besoin de recourir à l’emprunt quel que soit le gouvernement en place.

En ce qui concerne les projets de loi relatifs à des emprunts obligataires obtenus par la Tunisie sur le marché international, il a fait savoir que la masse salariale en Tunisie représente l’un des plus forts taux dans le monde, soit 14% du PIB ; ce qui exige le recours à l’endettement extérieur, notamment, pour garantir la liquidité nécessaire. De même, la faiblesse du taux d’épargne et des ressources fiscales est l’une des principales causes de l’augmentation de l’ endettement et contribue à l’augmentation des besoins en financements extérieurs.

Pour y faire face, M. Ayari a appelé à mettre en place un mécanisme légal permettant de fixer un plafond pour les dettes de l’Etat afin de maîtriser l’endettement de la Tunisie, comme c’est le cas des Etats-Unis d’Amérique.

Participant à cette réunion, Mme Boutheina Ben Yaghlane, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances, a affirmé, dans le même sillage, que le recours de la Tunisie à l’ endettement est une nécessité et non pas un choix.  Il est destiné, selon ses dires, à la création des richesses.

A cet égard, certains députés ont critiqué les taux d’intérêt très élevé de ces crédits qui sont destinés à couvrir le déficit budgétaire et qui ne sont pas dédiés à l’investissement public, au développement et à la création des richesses; alourdissant les charges de l’Etat contraint qu’il est d’augmenter les charges fiscales imposées aux Tunisiens.

Au final, ils ont appelé à mettre en œuvre des mécanismes permettant à l’ARP de contrôler l’utilisation des dettes extérieures dans le financement des projets de développement et d’investissement, et d’obliger le gouvernement à obtenir l’approbation de l’ARP, avant l’obtention et le décaissement des crédits, et ce, afin de garantir une bonne gouvernance.

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