« Le tombeau des morts c’est le cœur des vivants »

Cette citation de Jean Cocteau résume en quelque sorte le paysage politique en Tunisie. Le jour de l’annonce de la démission officielle de Mohsen Marzouk de Nidaa Tounes, l’ex-président Moncef Marzouki annonce la naissance de son nouveau parti.

Suivre la voie de la désunion, c’est dans ces termes que l’ancien secrétaire général de Nidaa Tounes, Mohsen Marzouk, s’est prononcé lors du meeting à Hammamet, tenu les 19 et 20 décembre. Une réunion durant laquelle il a fait part de sa démission, rejoint par d’autres dirigeants qui eux aussi ont annoncé leur retrait définitif.

Selon eux, ils restent convaincus que le moyen de remonter la pente, et mettre fin à la crise qu’a traversée le parti en question, est de « continuer à se battre pour des réformes modernistes et démocratiques et qui sont l’essence même de Nidaa Tounes et non sur des programmes antidémocratiques fondés sur l’appartenance, ou encore le népotisme de chez certains », lit-on dans le communiqué.

Par ailleurs, les démissionnaires ont décidé la création d’une commission de suivi pour organiser la conférence des cadres prévue le 9 janvier, et une autre le 10 janvier pour un meeting populaire.

Il est à rappeler que le 10 janvier coïncide avec la journée d’un congrès de consensus à l’initiative de la commission des 13, dans le but de mettre fin au conflit qui paralyse le parti.

Moncef Marzouki lance son nouveau parti

Tout juste un an après sa défaite aux élections présidentielles, l’ex-président de la République Moncef Marzouki refait surface sur la scène politique. Désormais, c’est officiel, il vient de lancer dans la journée du dimanche 20 décembre, lors d’un meeting populaire, tenu au palais des Congrès, un nouveau parti dénommé « Harak Tounes El Irada« . « Ce mouvement vient après la dissolution de son parti le Congrès pour la République (CPR), et s’apprête à participer aux élections municipales », a-t-il annoncé.

Par ailleurs, Moncef Marzouki n’a pas été du tout tendre quant au rendement du gouvernement Essid. Il a déclaré notamment: « Le gouvernement Essid est voué à l’échec à plusieurs niveaux, notamment dans la lutte contre le terrorisme« .

Selon lui, ce dernier ne dispose d’aucune stratégie claire visant le moyen et long terme, sur le plan du développement économique, socio-économique, entre autres.

Harak Tounes el Irada : « Nidaa Tounes est un produit de marketing »

Un an après sa défaite électorale aux présidentielles, l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, lance son propre parti politique ayant pour nom « Harak Tounes el Irada« . Pourquoi avoir choisi ce timing et dans quel but? Et comment l’idée lui est-elle venue de créer un parti? Beaucoup de questions qui nécessitent des réponses. Pour comprendre ce qu’il en est, leconomistemaghrebin.com a joint par téléphone l’un des membres du parti, Issam Ayari, qui a fait le point sur ce nouveau parti politique.

Selon lui, la principale idée est d’accueillir un grand nombre de personnes et non de faire alliance avec d’autres partis, en précisant: « Il faut savoir que notre parti est un parti socio-démocrate, participatif et rassembleur. C’est un parti qui est né après un an de travail et d’observation ».

Il ajoute: « Concernant le choix de ce timing, c’est d’abord parce que nous avons travaillé un an dans l’ombre, car nous n’avons pas voulu être des éléments perturbateurs dans la vie politique ».

Interrogé sur une éventuelle collaboration avec le Courant démocrate, puisqu’il s’inspire des mêmes idées, Issam Ayari répond : « Nous ne voulons pas d’une alliance, nous nous adressons à des personnes qui veulent bien nous rejoindre ».

Et de poursuivre: « Aujourd’hui, on se réunit pour élire le comité exécutif. Quant à notre charte politique, elle est celle d’une politique sociale-démocrate, à savoir adopter un équilibre régional, mettre fin aux inégalités sociales. Ceci peut vous sembler idyllique, mais c’est là la réalité que vivent les Tunisiens. Il faut créer une société qui marche, donner envie aux Tunisiens de vivre dignement. Certes, il y a beaucoup de problèmes qui doivent être résolus, et c’est la raison pour laquelle il est temps d’agir. Vous savez, les attentes des Tunisiens ne sont pas d’ordre politique, elles sont économiques, sociales, socio-économiques, entre autres ».

Sur un autre sujet, celui du lancement du parti qui coïncide avec le jour de la démission de l’ancien secrétaire général de Nidaa Tounes Mohsen Marzouk, il indique: « En ce qui nous concerne, la date de notre meeting était fixée depuis bien longtemps, avant même qu’on s’empare de la nouvelle à propos de Nidaa Tounes. D’ailleurs Moncef Marzouki a prédit que Nidaa Tounes s’écoulerait dans deux, trois ans. La preuve! Il n’a pas fait un an que déjà il s’est effondré.

Cela dit, Nidaa Tounes est un produit de marketing, sans aucun programme politique. Mais ils sont arrivés au pouvoir, sans qu’ils aient le temps d’avoir des objectifs tels que des réformes par exemple ».

Et de conclure: « Ce que j’attends de ce gouvernement? Un gouvernement de talent et qui a envie de travailler, d’aller de l’avant et de relever les défis. Voilà de quoi a besoin la Tunisie ».

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