Tunisie – FMI : la reprise économique prévue à partir de 2017

réformes économiques - L'Economiste Maghrébin

Lors de la présentation du rapport portant sur les «Perspectives économiques régionales du Fonds Monétaire International ( FMI )» par Giorgia Albertin, représentante du Fonds en Tunisie, Chedly Ayari, Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie ( BCT ), a annoncé, aujourd’hui, que l’ensemble des facteurs et des indicateurs politiques, géopolitiques, économiques, sociaux et budgétaires de la Tunisie, jusqu’à cette date, sont globalement préoccupants.

Et pourtant, le FMI fait preuve d’un optimisme, pour la première fois dans l’histoire, vis-à-vis de l’avenir de l’économie tunisienne, et ce, en dépit des incertitudes énormes sur l’avenir des pays de la région MOANAP (région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan) en général, et de la Tunisie en particulier.

Parlant chiffres, M. Ayari a annoncé que le FMI prévoit un taux de croissance en Tunisie de 0,5% à fin 2015 et de 2,5% pour 2016. Entre 2017 et 2020, les prévisions tablent autour d’une moyenne de 4 à 5%.
De ce fait, le FMI prévoit une reprise économique en Tunisie à partir de 2017, affirmant que l’année 2016 sera encore une année difficile et une année de transition et de patience.

Idem pour la BCT qui prévoit également une croissance qui ne dépasse pas 2,5% en 2016 et une croissance moyenne de 4,2% entre 2017 et 2020.

Quant à l’inflation, le gouverneur de la BCT a souligné qu’elle pointe vers la baisse en tendance générale pour finir l’année 2015 avec 4,6%. Cette baisse sera confirmée, selon les prévisions du FMI, pour enregistrer entre 3,7% et 3,9% en 2017.

Pour 2020, M. Ayari a affirmé qu’il faut maintenir le taux d’inflation à 4%, un taux d’inflation vétilleux qui ne fait pas obstacle à la croissance économique.

S’agissant du compte courant, le responsable prévoit un taux de 8,5% du PIB à fin 2015, de 5% en 2020, notant qu’il ne faut pas dépasser les 7% du PIB en 2016/2017 et 6% en 2018/2019. Ce taux ne peut être réalisable, selon lui, qu’en cas d’augmentation des exportations tunisiennes et d’élimination du gaspillage d’une manière drastique au niveau des importations. Ce qui nécessite un volontarisme fort de la part de l’Etat pour la soutenabilité du déficit courant.

Quant aux réserves de change, Chedly Ayari prévoit un taux de 5,6% à fin 2020, contre 5,4% en 2019/2018, 4,6% en 2017, 4,4% en 2016 et 4,3% à fin 2015. Pour atteindre ces prévisions, il a estimé qu’il faut savoir bien gérer la balance commerciale, notamment, les importations.

En conclusion, Chedly Ayari n’a pas manqué de déclarer qu’il y aura une sortie de crise en Tunisie à partir de l’année 2017. Il faut, de ce fait, savoir consolider l’année 2016 et faire en sorte qu’elle soit l’année du vrai départ économique. C’est le rôle de tous les Tunisiens de prendre les choses en mains pour faire réussir la relance.

De son côté, Giorgia Albertin a indiqué qu’après une reprise modérée en 2013/2014, la croissance en Tunisie s’est affaiblie davantage pour un taux de 0,7% à la fin du troisième trimestre 2015 avec des prévisions de 0,5% à fin de la même année ; et le taux de chômage s’est réduit à 15,3% mais reste élevé, notamment, chez les jeunes et les diplômés.

Pour c qui est du déficit du compte courant, il s’est fortement détérioré suite à l’accroissement des importations, la baisse des exportations de phosphates et pétrole et aux recettes touristiques faibles. Les IDE, notamment, ceux du secteur énergétique, restent faibles.

Néanmoins, les réserves internationales sont à un niveau confortable, et ce, grâce aux financements extérieurs et l’accès aux marchés internationaux, mais restent en deçà du seuil de la métrique ARA du FMI.

Ainsi, la responsable a affirmé qu’après une détérioration importante, la position budgétaire s’est améliorée, d’où un déficit structurel qui s’est réduit à 3,3% du PIB en 2014, contre 3,4% du PIB prévus à fin 2015.

Toutefois, la composition des dépenses s’est détériorée suite à l’accroissement de la masse salariale et à la baisse des dépenses en capital.

La dette publique est, de son côté, à la hausse, avec une proportion libellée en monnaie étrangère à 68% en 2015.

Dans le même sillage, Mme. Albertin a estimé que la Tunisie connaitrait une amélioration progressive de la croissance sur le moyen terme, passant de 0,5% à fin 2015, à 2,5% en 2016, 4,0% en 2017, 4,6% en 2018, 5,0% en 2019 et à 4,7% en 2020.

Au final, la responsable du FMI a affirmé que l’achèvement des réformes, la préservation de la stabilité macroéconomique, la reprise du tourisme et de la confiance des investisseurs, ainsi qu’un environnement international plus favorable soutiendraient une reprise économique à moyen terme en Tunisie avec, notamment, une croissance plus élevée et inclusive. L’inflation resterait, selon ses propos, contenue grâce à une politique monétaire prudente, à la baisse des prix des biens alimentaires et énergétiques. Le déficit du compte courant resterait, quant à lui, élevé à court terme, pour se réduire à moyen terme, grâce à une reprise des recettes touristiques, des exportations et une réduction des importations énergétiques et alimentaires; et le niveau des réserves resterait confortable.

A noter que selon le FMI, les prévisions de la croissance dans la région MOANAP tablent autour de 2,5% à fin 2015 et 3,9% en 2016, face à une croissance mondiale de 3,1% à fin 2015 et 3,6% en 2016.

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