Quelle santé voulons-nous pour demain ?

Sans aucun doute, la santé est un bien des plus précieux qui existe. Elle n’a pas non plus de prix. Mais notre système national de santé est-il bien outillé pour satisfaire les attentes des citoyens? En effet, en matière de santé, les défis  à relever par le gouvernement ne sont pas des moindres. A quoi faut-il s’attendre? Quelles sont les solutions pour améliorer notre système national de santé?

Tel est le débat organisé hien par Sigma Conseil et la fondation Konrad Adenauer-Stiftung durant lequel des discussions et des points de vue ont été débattus sur le thème “ Les Tunisiens entre défis et réforme du système national de santé”.

Sur la question de la qualité des soins,  Dr Najet Haded Zargouni déclare : « Il est clair que nous manquons de moyens. Cela dit, pour améliorer nos prestations, il faut beaucoup de moyens, notamment en termes de recherches scientifiques. C’est pour cette raison qu’il faudrait multiplier les formations, explorer de nouvelles voies de collaboration avec des instituts de recherche sans perdre de vue un point essentiel : renforcer les moyens financiers », dit-elle.

Sur un autre sujet, celui de la corruption dans le système de santé, le secrétaire général de l’Union des médecins spécialistes affirme : « Il est évident que la corruption gangrène le système de santé. La lutte contre la corruption existe dans le milieu hospitalier. Il faut qu’on arrive à arrêter les passe-droit de certaines personnes qui profitent de la misère humaine. Ce qui est scandaleux et inadmissible pour nous les médecins ». Dr Faouzi Charfi abonde dans le même sens : d’après lui, pour mettre un terme à la corruption « il faudrait d’abord changer les mentalités ».

Il explique: « Il faut qu’il y ait une bonne administration, à savoir des écoles de formation des cadres de santé, faire en sorte qu’aussi bien les cadres de santé et les médecins soient à plein temps à l’hôpital. Il ne faut pas que le médecin travaille seulement quatre heures. Il faut que le système hiérarchique soit présent, autrement dit, une vigilance permanente ».

Et de poursuivre: « Quand les gens sont coupables de dépassements, il faut les sanctionner parce que ces dépassements touchent à quelque chose de sacré qui est la santé des citoyens. Il y a beaucoup de choses à faire contre la corruption mais il faut qu’il y ait une volonté politique, une volonté de communication. Il faut penser également à des rallonges budgétaires parce que nous nous trouvons face à un problème fondamental, celui du financement de la santé, le problème de la caisse sociale, entre autres. C’est pour cela que j’ajouterais que la politique de santé doit être consensuelle et intéresser tous les Tunisiens ».

Et d’ajouter: « Il faut trouver des solutions à nos problèmes, faire en sorte qu’il y ait des échanges horizontaux, ça se fait actuellement avec des parrainages de certaines structures horizontales par exemple de Tunis avec le Nord-Ouest, Sfax ou jumelées avec le Sud. Il faut qu’il y ait un système de rotation jusqu’à ce que les jeunes médecins puissent être vraiment attirés, encouragés à aller dans les régions défavorisées, les payer mieux, créer une télémédecine moderne qui s’appuie sur les nouvelles technologies, et travailler sur la bonne gouvernance ».

Quelle santé voulons-nous pour la Tunisie, quelle santé veut le Tunisien ? En mettant l’accent sur les défis, les enjeux, ce ne sont pas seulement des questions de moyens et de compétences, mais il s’agit d’un combat qui est l’affaire de tous.

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