Liberté de conscience : Les Tunisiens sont-ils tolérants ?

Les statistiques dévoilées par l’Institut arabe des droits de l’Homme sur l’état de la religion et la liberté de conscience en Tunisie donnent à penser que le Tunisien n’est pas aussi tolérant, ouvert sur les autres religions qu’on veut bien le croire.

En effet, en partenariat avec le Forum des sciences sociales appliquées et l’Institut arabe des droits de l’Homme et l’observatoire arabe de jeunesse et avec le soutien du Fonds Arabe des Droits de l’Homme, une enquête a été réalisée auprès de 1200 interviewé(e)s , répartis sur le territoire tunisien. Qu’on en juge…

Liberté de conscience
 54% seulement voient d’un mauvais œil l’appartenance  au chiisme, pour le reste cela relève de la liberté de conscience. N’empêche que la majorité des sondés a estimé que se convertir au chiisme représente « une menace pour l’identité communautaire majoritaire des Tunisiens ». Les Tunisiens qui optent pour le respect des croyances des autres  se chiffrent à 39% et au principe de la liberté de croyance 28%.

En ce qui concerne la religion chrétienne, 91% des Tunisiens sont  contre l’activité missionnaire chrétienne en Tunisie mais seraient en faveur de la liberté de prêcher l’islam dans le monde sans entraves.  93% de ces mêmes sondés rejettent la conversion d’un Tunisien musulman au christianisme. Un chiffre qui pousse vraiment à se demander si les Tunisiens connaissent le sens du terme tolérance  ! L’étude a révélé  en outre que 9% –  des jeunes  en majorité – ne sont pas contre l’activité missionnaire en Tunisie. Les auteurs de l’étude estiment que « c’est un changement de taille ».

Le Tunisien religieux ou irréligieux
L’étude indique que 73% des Tunisiens se considèrent comme très pieux (sachant que 58.8% seulement font leurs prières quotidiennes), 19.6% se considèrent comme peu religieux et 7% comme areligieux. Et cela peut-il nous amener à dire que les areligieux représentent une minorité en Tunisie ?

Et pour le voile ?
A la question : l’islam impose-t-il une tenue particulière aux hommes et
femmes? Les réponses divergent :  en ce qui concerne les hommes 3 /4 ont répondu par la négative, le reste a évoqué l’obligation de la barbe et 3 % seulement le port du Kamis.

Quant à la gent féminine, 83% d’entre elles estiment que l’Islam a imposé une tenue particulière, 49% estiment que le port du « Hijab » est obligatoire alors que pour 45,2% d’entre elles l’islam n’exige de la femme qu’un habit décent.

Comment le mariage mixte est-il perçu par les Tunisiens ? Deux poids deux mesures
D’abord, il convient de rappeler que la charia ne s’oppose pas au mariage d’un musulman à une non-musulmane. Cependant, l’enquête révèle qu’environ 40% des Tunisiens s’y opposent ou bien ne l’acceptent que dans des situations exceptionnelles.   Par contre, et concernant le mariage de la musulmane avec un non-musulman – interdit par la charia – 37% l’acceptent ou y voient un domaine réservé à la liberté personnelle et 7.5% l’acceptent dans des cas exceptionnels.

Égalité successorale : nous sommes encore très loin
L’égalité en matière d’héritage reste peu populaire et refusée par 66% quoique mieux accueillie par les femmes. Malgré l’adoption de la nouvelle Constitution, la législation n’a pas évolué dans ce sens-là.

Le comportement dans les mosquées et la manière de désigner les imams
73% des Tunisiens condamnent le limogeage des imams en exercice, 10% sont complètement désintéressés et d’autres trouvent des justifications. Il est à noter que 90% des sondés estiment que l’autorité légitime pour désigner les imams est le ministère des Affaires religieuse (2/3) et le choix des imams devrait être laissé aux autorités locales.

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