La situation économique et sociale est grave

Réagissant à la vague de grèves et de revendications que connaît le pays depuis peu et à la situation économique et sociale nationale,  Tarak Chérif, président de la Conect,  nous a fait la déclaration suivante :

« La situation économique et sociale dans notre pays est plus que difficile. Elle est grave et nécessite des actions et des mesures immédiates. Nous n’avons cessé à la CONECT, depuis la création de notre Centrale patronale en 2011, d’insister sur l’importance d’ouvrir le dialogue sur les questions d’ordre économique et social et de prendre les mesures nécessaires pour la relance de l’investissement, du développement régional et de la création d’emplois, et ce, parallèlement au dialogue politique.

Rien n’a été fait malheureusement durant quatre longues années dans ce domaine vital et stratégique malgré les appels successifs de notre organisation, des chefs d’entreprise et des experts.

Les conséquences sur notre économie sont graves et le coût est très lourd avec une dégradation continue de l’environnement des affaires, une diminution sensible des investissements, des fermetures et des départs d’entreprises vers des destinations concurrentes, des pertes de positions sur les marchés extérieurs de produits et de services stratégiques à l’instar des phosphates et du tourisme.

Personnellement je considère que ce qui a aggravé encore la situation est non seulement le peu d’intérêt accordé aux questions économiques et sociales mais également l’attitude de certains responsables et de syndicats qui ont fait un usage fréquent et parfois même abusif d’un moyen qui est certes prévu par la loi, le droit de grève,  mais qui peut avoir des conséquences graves si le  recours à ce moyen devient systématique, ne prend pas en considération les nombreux effets sur la situation des secteurs concernés, les blocages et les pertes qui peuvent en résulter.

Pour toutes ces considérations, il était attendu que le pays connaisse avec les élections, le nouveau gouvernement et la mise en place d’institutions permanentes une reprise rapide voire une grande dynamique au niveau de l’investissement et des actions de développement par un retour massif au travail soutenu, productif et sérieux.

Avec les nombreux mouvements de grèves, de protestations et de demandes de toutes sortes, la déception est grande et les risques de s’engager dans une nouvelle phase d’hésitation et d’attentisme sont devenus sérieux.

La tâche du nouveau Gouvernement est loin d’être aisée et des actions urgentes s’imposent. Aucune partie y compris le gouvernement ne détient  à elle seule la solution !

Nous devons tous comprendre que le pays n’a pas les moyens nécessaires pour répondre aux attentes des différentes catégories socioprofessionnelles qui sont du reste légitimes et compréhensibles. La seule solution possible c’est de créer ces moyens par le travail. Encore une fois je rappelle que c’est le travail qui crée le travail et rien d’autre ! Tout blocage, toute perturbation et tout refus du travail ne font qu’aggraver davantage la situation et nous éloigner des solutions réelles ! Les protestations exagérées et les grèves ne peuvent résoudre les problèmes. Au contraire, elles ne font qu’aggraver le coût que la nation tout entière va payer de manière directe ou indirecte. En outre, des solutions qui s’offrent à nous aujourd’hui peuvent ne plus être adaptées à l’évolution  de la situation après !

Pour moi nous sommes tous appelés à changer d’attitude et de comportement en nous engageant dans une nouvelle dynamique collective à lancer à trois niveaux : les organisations syndicales et patronales, la société civile et le Gouvernement.

C’est ainsi que toutes les organisations syndicales du pays sont invitées à changer d’attitude et à assumer pleinement leur rôle de sensibilisation,  d’accompagnement et de mobilisation afin d’éviter d’engager le pays dans une spirale de surenchères concernant les demandes sectorielles et régionales qui ne peut qu’être nuisible à l’ensemble des tunisiens et aux salariés en particulier.

L’UGTT  qui constitue un acquis pour l’ensemble des Tunisiens est appelée à  agir dans ce sens en assumant le rôle de pivot de cette importante action.

Toutes nos organisations syndicales ainsi que nos centrales patronales sont appelées à ouvrir un nouveau dialogue responsable et direct sous l’égide de la Présidence du Gouvernement pour arrêter les actions et les mesures concrètes nécessaires afin de faire sortir le pays de cette situation difficile qu’il connaît.

A la CONECT nous nous sommes préparés à ce dialogue auquel nous comptons participer activement  avec des propositions de mesures et d’actions que nous considérons adaptées aux exigences de la situation.

La société civile est aussi appelée à contribuer à cette mobilisation surtout que ce fléau de perturbations sociales a même affecté des secteurs  stratégiques fortement sensibles à l’instar de l’enseignement et du transport.

Le Gouvernement doit aussi œuvrer pour introduire les réformes nécessaires dans les plus brefs délais surtout dans le domaine de la fiscalité, l’intégration de l’économie informelle et la promotion de l’investissement. Les  réactions de réticence et de rejet doivent être considérées comme des attitudes ordinaires attendues que nous pourrons affronter par le dialogue et les mesures d’intégration appropriées et non par l’exclusion. »

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