«La COTUNACE, plus qu’une assurance, une possibilité de financement»

S’appuyant sur des décennies d’expérience et une connaissance approfondie de l’évaluation des risques de crédit, la Compagnie tunisienne pour l’assurance du commerce extérieur (COTUNACE) offre des produits d’assurances visant à protéger les entreprises tunisiennes contre les risques de non paiement d’origine commerciale et non commerciale.

Elle propose donc aux entreprises tunisiennes d’être leur spécialiste qui assure, apprécie et suit en permanence l’évolution des risques de paiement de leurs acheteurs, locaux et étrangers, de manière à ce qu’elles puissent se consacrer entièrement à leur développement. Elle ne cesse de multiplier ses efforts pour offrir de nouveaux produits, dans le but de mieux sensibiliser les entreprises tunisiennes à recourir à l’assurance-crédit.

Pour en savoir plus, leconomistemaghrebin.com a donné la parole à Souheila Chabchoub, PDG de la COTUNACE.

 La COTUNACE s’agrandit : maintenant, on assure également les ventes locales

leconomistemaghrebin.com : Votre nouveauté 2014?

Souheila Chabchoub : L’année 2014 a été marquée principalement par la finalisation de l’opération fusion-absorption par la COTUNACE de sa filiale «Assurcrédit», jadis spécialisée dans l’assurance des paiements des ventes locales. J’ai donc le plaisir d’annoncer aux entreprises tunisiennes que maintenant, la COTUNACE garantit aussi bien leurs exportations que leurs ventes sur le marché tunisien.

ImpressionCe rapprochement des deux activités – Export et local – permettra notamment aux entreprises partiellement exportatrices de gérer l’assurance de leurs ventes (export et local) dans un même contrat d’assurance et d’épargner du temps et des coûts relatifs à la gestion de deux contrats, avec deux entités différentes.

De même, les entreprises qui vendent uniquement sur le marché local ou sur l’étranger, pourront bénéficier d’un contrat dédié, qui pourra être élargi si leur activité se développe aussi sur l’autre marché. En bref, notre offre devient modulable selon le besoin.

Cette fusion renforcera davantage notre position sur le marché en tant que pionnier et leader de l’assurance-crédit en Tunisie et nous permettra d’élargir notre offre, en présentant un package global pour sécuriser toutes les ventes contre le risque de non paiement.

Elle nous donnera sans doute les moyens de dynamiser notre activité et nous permettra de relever de nouveaux défis prometteurs, en soutenant davantage les entreprises tunisiennes. Ainsi, l’étape à venir sera placée sous le signe de la consolidation de nos acquis et du développement continu de nos synergies avec nos partenaires, notamment le secteur bancaire, pour offrir un service complet couplant la garantie des paiements et la facilitation du financement bancaire.

Quel rôle peut jouer la COTUNACE pour booster les exportations nationales ?

Grâce à sa garantie, la COTUNACE facilite le financement, pour les entreprises exportatrices, de leurs besoins en fonds de roulement auprès des banques. Ces entreprises ne sont pas obligées d’attendre l’échéance de paiement convenue avec l’acheteur étranger. En effet, sur la base de la facture «cotunacée», l’entreprise peut solliciter un financement auprès de sa banque (mobilisation de créances nées sur l’étranger). Ainsi, cette facilitation de financement permettra aux entreprises de résoudre en partie leurs problèmes de trésorerie courante.

La COTUNACE facilite, également, le financement bancaire dans la phase de préparation des marchandises/services destinés à l’export, et ceci grâce à la garantie « Dhamen Finance » couvrant les crédits bancaires de préfinancement export. D’ailleurs, la Tunisie vient de signer un accord de prêt avec la Banque mondiale dans le cadre du programme de développement des exportations dans sa troisième phase PDE3. La COTUNACE est partie prenante dans ce programme depuis 2000. Avec une part de 9,2 millions de dollars dans ce crédit, elle pourra augmenter les plafonds et l’étendue des garanties accordés pour faciliter le financement des exportations.

D’autre part, il est certain que les ventes ne se font pas toujours au comptant ; les facilités de paiement deviennent un élément de compétitivité auquel nos entreprises exportatrices sont confrontées.

Il est légitime que ces entreprises soient averses au risque de non paiement, qui est désormais externalisé et pris en charge par la COTUNACE.

La COTUNACE les libère de ces soucis et leur permet de saisir les opportunités d’exportation en sécurité, en leur évitant des conséquences parfois douloureuses sur la trésorerie et sur l’équilibre financier. Elle permet ainsi aux entreprises de poursuivre leurs activités normalement.

De cette manière, le soutien de la COTUNACE est placé en amont et en aval de l’opération d’exportation. En amont, c’est un rôle de prévention et de conseil que nous procurons à nos assurés, leur permettant de mieux apprécier la solvabilité, la moralité et la solidité financière de l’acheteur. En aval car, si malheureusement un impayé survient, la COTUNACE intervient pour indemniser et entame les procédures de récupération auprès de l’acheteur défaillant.

Pour les exportations, il s’agit de récupérer un actif national, qui risque d’être perdu s’il n’est pas assuré, car les procédures de recouvrement à l’étranger sont chères et longues. La COTUNACE, de par son adhésion à un réseau international de recouvrement des créances, est représentée partout dans le monde, ce qui permet de maximiser les chances de récupération et à moindres coûts.

Donnez-nous un aperçu de votre orientation de plus en plus axée vers le marché africain

L’Afrique est un marché potentiel, qui offrira d’importantes opportunités en matière d’exportation et d’investissement au cours des vingt prochaines années.

La COTUNACE s’inscrit parfaitement dans la politique économique nationale qui s’oriente de plus en plus vers l’Afrique. Actuellement, le marché africain représente 43% des exportations que nous assurons, c’est vous dire que la COTUNACE continue ses efforts pour suivre les orientations de nos exportations et faciliter l’accès au marché africain qui a sa particularité.

Notre rôle est de fournir aux exportateurs une assurance-crédit à l’exportation, en les couvrant contre les risques de défaillance financière de leurs clients africains (le non-paiement) et contre les interruptions «abusives» sur ce marché. Nous tenons aussi à rassurer les entreprises exportatrices orientées principalement vers l’Afrique, quant au renforcement de notre partenariat avec les banques, pour faciliter leurs financements grâce à nos garanties.

Dans ce sens, la COTUNACE a envisagé le lancement de nouveaux produits en 2013, et ce, pour mieux sensibiliser les entreprises à recourir à l’assurance-crédit.

Nous avons ainsi mis en place, et pour la première fois en Tunisie, un nouveau contrat  «Assurance des investissements», destiné aux entreprises tunisiennes qui réalisent en Afrique un investissement commercial, industriel ou de services.

Ce contrat protège les capitaux investis et les bénéfices attendus. Il favorise une présence de l’entreprise tunisienne sur le marché du pays ciblé, une proximité des pays avoisinants et des économies de coûts de transport et surtout en termes de délais de livraison, un autre élément de compétitivité pour nos entreprises exportatrices.

 Notre innovation est de faciliter les montages financiers

Il est vrai qu’après 30 ans d’expérience et de focalisation sur le court terme, nous nous orientons désormais vers l’assurance des projets/marchés importants sur le moyen et long terme.

Citons, à titre d’exemple, l’assurance du projet réalisé par la STEG International Services (SIS) au Rwanda, qui consiste en l’électrification de toute une région de 50 000 foyers dans six gouvernorats, concrétisés sur trois ans.

Il s’agit d’un projet clé en main : la «SIS» a assuré tout le service d’ingénierie  et de montage. Ce projet a une très forte valeur ajoutée, puisque la majorité du matériel et des appareils nécessaires pour ce projet ont été achetés sur le marché tunisien. Ce type de projet peut booster l’économie tunisienne. Nous savons tous que l’année 2014 a été pratiquement placée sous le slogan «Année de l’Afrique» et toutes les instances nationales et organismes d’appui se sont mis au diapason de cette stratégie nationale.

La COTUNACE se veut être l’allié et le partenaire incontournable de nos entreprises exportatrices vers l’Afrique. C’est ainsi que notre innovation consiste à faciliter les montages financiers pour les projets/grands marchés vers l’Afrique, où la majorité des pays présente un taux de croissance relativement important. Nos entreprises doivent saisir ces opportunités, nous les soutenons à travers notre garantie à moyen et long terme. Elles ont un réel mérite dans l’ingénierie et le High Tech, avec un excellent rapport qualité/prix. Elles ne doivent pas se replier, s’il n’y a pas des bailleurs de fonds qui financent ces projets/grands marchés, la COTUNACE leur offre sa garantie pour lever les fonds nécessaires auprès des banques tunisiennes sur la base des factures «cotunacées».

La proximité s’affiche en priorité chez la COTUNACE. Quelles mesures avez-vous adopté dans ce sens?

Vu que nous n’avons que trois agences, à Tunis, Sousse et Sfax, nous avons signé, en 2014, deux conventions avec la COMAR et la CTAMA, qui ont le réseau de représentation le plus large en Tunisie, couvrant la quasi-totalité du territoire tunisien. Il s’agit de conventions de commercialisation des contrats d’assurance de la COTUNACE, ayant pour objectif de se rapprocher davantage des entreprises tunisiennes. Des conventions similaires sont en cours de finalisation avec certaines banques.

Dans le même sillage, et dans le cadre du PDE3, la COTUNACE envisage l’ouverture de deux points de représentation (au nord et au sud), et ce pour des raisons de proximité et d’efficacité.

Les trois dernières années ont été marquées par une conjoncture économique difficile. Comment la COTUNACE a-t-elle  fait face à cette situation?

Après la révolution de 2011, la COTUNACE a dû affronter une réalité «douloureuse», qui est la forte dépendance de son activité du Groupe Chimique, notre premier client, qui a vu sa production régresser d’environ 30% de la moyenne annuelle. Ce Groupe accaparait environ 40% de notre chiffre d’affaires.

Un «choc» oui, mais positif, parce qu’il nous a poussé à multiplier nos efforts sur le plan commercial pour diversifier notre portefeuille. Notre stratégie de communication a été  intensive et offensive, afin d’innover l’identité visuelle de la COTUNACE pour renforcer sa notoriété, notamment par la réalisation de plans médias dans les principaux journaux et revues économiques. Le renforcement de notre présence dans la presse écrite et audiovisuelle et la participation aux séminaires et rencontres, aux salons et foires sectoriels et régionaux, en plus du contact direct en B2B avec nos clients existants et potentiels, nous ont permis, à partir de 2012, de retrouver notre niveau d’activité d’avant la révolution et d’enregistrer une évolution annuelle, malgré le cloisonnement de la part du Groupe Chimique à 12% (40% avant la révolution).

Bilan 2013 et perspectives?

En 2013, la COTUNACE a enregistré une augmentation des exportations assurées de 14,7% par rapport à l’année précédente, atteignant environ 1002,2 MDT. Cette hausse a concerné la majorité des secteurs.

Ainsi, le total général des capitaux assurés (exportations et ventes locales) a atteint 1583,3 MDT, enregistrant ainsi une hausse d’environ 8%.

Le résultat net réalisé en 2013 est de 1,5 MDT, soit une hausse de 25% pour la deuxième année consécutive.

Nous considérons que nous représentons un maillon important dans le développement des  exportations nationales. Nous ne cessons d’innover et de développer nos produits et services pour booster et soutenir les exportateurs tunisiens, afin qu’ils consolident leur positionnement sur les marchés traditionnels et conquièrent de nouveaux marchés. Notre rôle est préventif et curatif. Préventif, puisque nous mettons à la disposition des exportateurs des informations sur les marchés ciblés et les acheteurs potentiels visés pour les encourager à pénétrer ces nouveaux marchés, tout en les orientant vers des acheteurs solvables, et curatif , car nous les indemnisons en cas de non paiement. Ainsi, ce risque externalisé n’aura pas d’incidence sur la trésorerie de l’entreprise, ni sur son bilan.

Nous travaillons également  en partenariat avec le CEPEX et avec les banques. Le partenariat avec les banques, que nous ne cessons de renforcer, externalise deux soucis majeurs des entreprises exportatrices, qui sont le risque de non paiement et le besoin en financement. Ces entreprises peuvent ainsi se consacrer à leur activité propre et à leur développement.

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